Après le Venezuela et l’enlèvement du président Nicolas Maduro, Donald Trump ira-t-il encore plus loin dans ses violations du droit international ? « Après Maduro, qui est le prochain ? », interroge frontalement l’agence de presse américaine Associated Press, qui souligne que le président américain « spécule d’ores et déjà sur ses projets pour le Groenland, Cuba et la Colombie ».
Un peu moins de 48 heures après l’opération militaire américaine au Venezuela, le locataire de la Maison-Blanche a en effet renouvelé dimanche ses appels à une prise de contrôle américaine du territoire danois du Groenland pour des intérêts de sécurité de son pays. « Nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour la défense », a-t-il déclaré dans une interview téléphonique au magazine The Atlantic.
« Nous avons besoin du Groenland »
L’opération de samedi soir par les forces américaines à Caracas et les commentaires de Trump dimanche ont accru les préoccupations au Danemark, qui a juridiction sur la vaste île riche en minéraux du Groenland. « Cela n’a absolument aucun sens de parler de la nécessité pour les États-Unis de prendre le contrôle du Groenland. Les États-Unis n’ont pas le droit d’annexer l’un des trois pays du royaume danois », a déclaré dimanche la Première ministre danoise Mette Frederiksen dans un communiqué de presse. Et d’ajouter : « J’exhorte donc fortement les États-Unis à cesser les menaces contre un allié historiquement proche et contre un autre pays et un autre peuple, qui ont très clairement déclaré qu’ils ne sont pas à vendre. » Elle a également rappelé à Donald Trump que le Danemark offre déjà aux États-Unis, membre de l’OTAN, un large accès au Groenland par le biais d’accords de sécurité existants.
Mais, tout juste quelques heures après les remarques de Mette Frederiksen dimanche, Donald Trump a doublé son affirmation sur le Groenland face à la presse à bord de l’Air Force One. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper », a-t-il répété. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il aussi déclaré.
Des propos qui ont fait réagir également le Premier ministre groenlandais, Jens Frederik Nielssen : « Ça suffit maintenant », a commenté ce dernier sur Facebook. « Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d’annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international », a-t-il écrit. La France de son côté a exprimé ce lundi sa « solidarité » avec le Danemark, un porte-parole du quai d’Orsay rappelant que « le Groenland appartient aux Groenlandais et aux Danois » et que « c’est à eux de décider ce qu’ils souhaitent en faire ».
Les velléités expansionnistes de Donald Trump trouvent un écho auprès de la base militante du président américain, notamment dans le mouvement Maga. Quelques heures après l’opération militaire américaine au Venezuela, la podcasteuse pro-Trump Katie Miller, épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller, a publié sur son compte X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d’une courte légende en capitales : « SOON« (« BIENTÔT »). Le message n’est pas passé inaperçu, suscitant de nombreuses réponses côté danois. « Le Royaume du Danemark et les États-Unis travaillent ensemble pour assurer la sécurité dans l’Arctique », a répondu l’ambassadeur de Copenhague aux États-Unis, Jesper Moller Sorensen, précisant que le Danemark avait augmenté les dépenses de défense en 2025, engageant 13,7 milliards de dollars « qui peuvent être utilisés dans l’Arctique et l’Atlantique Nord. « Parce que nous prenons notre sécurité commune au sérieux », a-t-il ajouté.
SOON pic.twitter.com/XU6VmZxph3
— Katie Miller (@KatieMiller) January 3, 2026
« Restaurer la domination américaine dans l’hémisphère occidental »
Mi-décembre, Donald Trump a nommé un envoyé spécial, Jeff Landry, avec pour mission de « faire du Groenland une partie des États-Unis ». Le 22 décembre dernier, dans une déclaration aux côtés du ministre de la Défense Pete Hegseth, Donald Trump avait déjà martelé le même message à propos du Groenland, justifiant ce « besoin » du territoire arctique pour assurer la sécurité des États-Unis face à la Chine et à la Russie. Or, si la position stratégique de l’île entre l’Europe et l’Amérique du Nord en fait un site clé pour le système américain de défense par missiles balistiques, rappelle l’agence Reuters, sa richesse minérale n’en est pas moins attrayante pour les États-Unis, qui espèrent réduire leur dépendance à l’égard des exportations chinoises. Comme le souligne l’agence Associated Press, les menaces de Donald Trump s’inscrivent dans la droite ligne de sa politique promise pour ce second mandat. Dans la stratégie de sécurité nationale de son administration publiée le mois dernier, le président américain a ainsi présenté la restauration de la « prééminence américaine dans l’hémisphère occidental » comme guide central. Le même document dépeint les alliés européens comme faibles.
Dans le même temps, l’inquiétude monte aussi à Cuba, l’un des alliés et partenaires commerciaux les plus importants du Venezuela. Dimanche, le secrétaire d’État Marco Rubio a lancé un nouvel avertissement sévère au gouvernement cubain, dénonçant les relations entre La Havane et Caracas avant l’arrestation de Nicolas Maduro. « Ce sont les Cubains qui ont gardé Maduro », a-t-il déclaré. « Il n’était pas gardé par des gardes du corps vénézuéliens. Il avait des gardes du corps cubains ». Face à la presse dans son avion présidentiel, Donald Trump a de son côté affirmé que « Cuba est prêt à tomber », alors que le Venezuela ne devrait plus fournir de pétrole subventionné au petit état insulaire, assailli depuis plusieurs décennies par les sanctions américaines. Dimanche soir, Donald Trump a également mis en garde le voisin du Venezuela, la Colombie, et son président de gauche, Gustavo Petro, déclarant que la Colombie est « dirigée par un homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis ». « Il ne le fera pas pendant encore très longtemps », a ajouté le président américain, précisant, à propos d’une possible intervention américaine en Colombie comme au Venezuela, que cela lui « semble bien ».
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Author : Célia Cuordifede
Publish date : 2026-01-05 09:34:00
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