Le Parisien

Et maintenant des sacs orange pour l’alimentaire : l’Essonne à la pointe de l’innovation dans le tri des biodéchets



Finies les épluchures pour les poules de la voisine. Désormais, c’est dans un sac orange, entièrement dédié aux biodéchets, que Corinne entrepose ses pelures de fruits et légumes. Comme près de la moitié des usagers du Siredom, le syndicat intercommunal chargé de la gestion des ordures ménagères pour plus de 900 000 habitants en Essonne et en Seine-et-Marne, cette résidente de Brétigny-sur-Orge est invitée à trier ses biodéchets pour qu’ils soient transformés en biogaz et en fertilisant naturel pour les sols.« J’ai commencé à les trier cet été lorsqu’on a reçu les premiers sacs, rembobine Corinne. Je le fais pour la planète et surtout, pour nos petits enfants qui en hériteront. » Si la retraitée suit scrupuleusement les consignes de tri, à savoir ne mettre dans le sac que des épluchures, des coquilles d’œuf, du marc de café, les restes de repas ou encore des serviettes en papier, elle reconnaît ne pas bien savoir comment ses sacs orange déposés dans la même poubelle que les ordures ménagères seront finalement triés.« On se rend compte du gaspillage »Quelques maisons plus loin, Sonia se pose la même question. « J’aimerais comprendre comment cela fonctionne car tous les sacs sont écrasés dans le camion benne, s’interroge la mère de famille. Mais je trouve l’initiative très bonne. Quand on récupère les biodéchets, notamment les restes de repas, on se rend compte du gaspillage. »Pour ne pas ajouter de nouvelles tournées polluantes, le Siredom a opté pour un tri après la collecte. « Nous avons commencé en 2022 par une phase d’expérimentation sur quatre communes de l’agglomération Cœur d’Essonne, détaille le président Olivier Thomas (DVG), également maire de Marcoussis. Il y avait deux villes à forte densité et deux beaucoup moins denses. Des sacs ont été distribués aux habitants et une usine test, avec une arche de vision capable de détecter les sacs orange grâce à l’intelligence artificielle, a été créée. Les retours ont été positifs. Dans le même temps, nous sommes allés à la rencontre des agglomérations qui ont manifesté leur intérêt. »La décision de construire une « vraie » usine entièrement dédiée aux biodéchets est prise. Elle sera installée sur l’écosite de Vert-le-Grand – Écharcon. Moyennant 23,4 millions d’euros, dont 1,1 million financé par l’Ademe (l’agence de la transition écologique), ce bâtiment de 6 000 m², capable de trier 145 000 tonnes de déchets par an, a été mis en service en juillet dernier.À l’intérieur, deux lignes de tri équipées chacune d’une arche de vision couplée à trois robots sont dédiées aux biodéchets. Une troisième ligne sera mise en service en mars prochain.« Économique, écologique et vertueux »« Les ordures ménagères collectées lors des tournées passent sous les arches de vision, décrypte le directeur général du Siredom, Olivier Le Clech. Lorsqu’un sac orange est détecté, il est récupéré et mis de côté par l’un des robots. Tous les sacs orange sont ensuite acheminés quelques centaines de mètres plus loin vers le méthaniseur de la Semardel (Société d’économie mixte d’actions pour la revalorisation des déchets et des énergies locales) où ils sont ouverts et triés. C’est là que les biodéchets sont transformés en biogaz et en digestat, un liquide utilisé par les agriculteurs pour fertiliser les sols. Les ordures ménagères, elles, sont redirigées vers l’usine d’incinération qui est juste en face. »Pour l’heure, les territoires concernés par ce dispositif sont en majorité concentrés au nord du département de l’Essonne. Les agglomérations Paris-Saclay, Cœur d’Essonne, Val-de-Seine – Val d’Yerres et Grand Paris Sud ont retenu plusieurs villes, tout comme les communautés de communes du Pays de Limours et du Dourdannais en Hurepoix et l’EPT Grand-Orly Seine Bièvre. Les communes de la Seine-et-Marne, plus rurales, n’ont pour l’instant pas souhaité adhérer à l’initiative.D’ici 2028-2029, le Siredom ambitionne de traiter 22 000 tonnes de biodéchets par an. « D’un point de vue économique et écologique, c’est vertueux, estime Olivier Thomas. La balle est dans le camp des habitants, il faut qu’ils prennent le pli. »



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