3 mars 1946. Entre le retrait partiel des troupes soviétiques en Iran et les prémices de l’indépendance à Saïgon, le Parisien libéré affiche en une : « Paris, station d’hiver ». Ce jour-là, 40 cm de neige s’abattent sur la capitale française, un record encore inégalé aujourd’hui.Déjà, le journal raconte les « armées » de skieurs qui tentent leur chance sur les pentes « de la Croix-de-Chavaux (Montreuil, aujourd’hui en Seine-Saint-Denis), aux hauteurs de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) », les difficultés sur les réseaux ferrés de Saint-Lazare. Et, plus préoccupant, la baisse de 50 % des approvisionnements de marchandises et de légumes « aux Halles. Heureusement, le temps étant au froid, les retards dans les arrivages n’auront pas de répercussion sur la qualité des envois sinon pour les choux-fleurs venant de Bretagne, arrivés avariés ».Ces jours-là, 50 cm tombent aussi à Saint-Maur (au sud-est de la capitale, dans le Val-de-Marne) et 55 cm sur le plateau de Trappes (Yvelines). « Il s’agit des plus importantes chutes de neige depuis le terrible hiver 1709 et ses 60 cm », rapporte Guillaume Séchet sur son site Internet Meteo-Paris. Pour déblayer, « le préfet de la Seine appelle des renforts. Des prisonniers allemands et 5 000 auxiliaires sont embauchés par les services de la voirie », poursuit-il. L’épisode neigeux fera un mort et 9 blessés.Le deuxième record survient vingt ans plus tard, le 12 janvier 1966. La capitale se réveille avec un manteau blanc de 20 cm : « La neige et le verglas ont paralysé Paris et sa banlieue », titre Le Parisien libéré, qui estime « impensable qu’une grande ville comme Paris se laisse périodiquement paralyser par les chutes de neige, un phénomène qui, dans d’autres capitales (mieux équipées, mieux organisées), est monnaie courante, mais ne cause pas de très grands soucis à la population ».340 000 tonnes de neige doivent être déblayées et on témoigne des mêmes difficultés que soixante ans plus tard : une circulation compliquée comme le raconte ce « courageux automobiliste » qui a « mis une heure trente pour aller de la porte Dauphine au centre de Boulogne, contre vingt minutes habituellement » ou des problèmes de métro « essentiellement sur les lignes aériennes : ligne de Sceaux (où le trafic a pu cependant reprendre plus rapidement qu’ailleurs, le courant arrivant par les caténaires et non par le rail), lignes « n° 2 (Nation-Dauphine) et n° 6 (Nation-Étoile) ».12 cm en février 2018« Mais avec le réchauffement climatique, ces intensités ne semblent plus aujourd’hui de l’ordre du possible », concède Christine Berne, climatologue chez Météo France.Plus récemment, en décembre 2010 et début février 2018, 12 cm tombent sur Paris et sa région. La N 118, notamment, se transforme en piège. 2 000 automobilistes passeront la nuit dans leur véhicule, dans l’attente d’une dépanneuse.Ailleurs dans l’Hexagone, Perpignan (Pyrénées-Orientales) se retrouve, en février 1954, sous 85 cm de neige, sans doute l’un des records en plaine selon Météo France. Plus étonnant, en février 2001, Saint-Maximin (Var) est recouvert par 80 cm, jusqu’à 1,10 m s’abat sur Rodez (Aveyron) fin janvier 2006, et le 12 mars 2016, un violent blizzard déverse 50 cm de neige sur Cherbourg (Manche).Quant à l’hiver 1788-1789, sa rigueur aura, elle, de lourdes conséquences. Le thermomètre descend à – 18 °C, la Seine et la Loire restent gelées pendant deux mois et 60 cm de neige glacent la capitale. Avec – 6,8 °C en moyenne, décembre 1788 reste le deuxième mois de décembre le plus froid jamais enregistré. Le gel puis le dégel dévastent l’agriculture, feront flamber le prix du pain et attiseront la colère qui mènera à la Révolution française.
Source link : https://www.leparisien.fr/meteo/jusqua-40-cm-en-1946-a-paris-quels-sont-les-episodes-neigeux-les-plus-marquants-en-france-06-01-2026-2L6JC5HNBRDAZJ5YBYJXDH2KGM.php
Author :
Publish date :
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.