Le Parisien

Incendie de Crans-Montana : les dessous de la condamnation en 2008 du gérant Jacques Moretti, pour proxénétisme aggravé



Âgé de 49 ans, Jacques Moretti s’est fait un petit nom dans le monde des bars, gérant au moins trois établissements : un à Lens (Pas-de-Calais) et deux à Crans-Montana (Suisse). Durant la nuit du Nouvel an, l’un de ses bars dans la station de ski helvétique, le « Constellation », est parti en fumée. Le bilan est extrêmement lourd : 40 morts, des jeunes pour l’essentiel, et 115 blessés, la plupart grièvement.Avec son épouse, Jessica, ils sont soupçonnés de « manquements » et sont « prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence », ont indiqué la police et le bureau de la procureure générale du canton du Valais, dans un communiqué. Ils n’ont en revanche pas été placés en détention provisoire et seront auditionnés vendredi.Jacques Moretti, surnommé « Le Corse », son île d’origine, présumé innocent dans le drame de Crans-Montana, a déjà connu dans le passé la justice et la prison. Le lundi 29 septembre 2008, il comparaissait pour proxénétisme aggravé avec deux autres hommes. Et le 20 novembre de la même année, le tribunal de grande instance d’Annecy (Haute-Savoie) rendait son délibéré.Selon le compte rendu du jugement que nous nous sommes procuré et que RTL a dévoilé ce jeudi, le Bastiais de naissance est alors accusé d’avoir « embauché, entraîné ou détourné » plusieurs femmes à La Clusaz (Haute-Savoie) entre l’été 2004 et novembre 2005 « en vue de leur prostitution ». Puis d’avoir « tiré profit de cette prostitution, fait office d’intermédiaire entre une personne se livrant à la prostitution et une autre exploitant ou rémunérant la prostitution d’autrui ».Également condamné pour escroquerie par le passéLe tribunal précise que les faits « ont été commis à l’égard de plusieurs personnes incitées à se livrer à la prostitution en dehors du territoire national, en l’espèce en Suisse, et par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice sans qu’elles constituent une bande organisée, en l’espèce en recrutant, embauchant, fixant les tarifs et le nombre de clients ».Plus précisément, la justice soupçonne l’homme, alors jamais condamné, d’avoir installé des femmes (quatre identifiées et plusieurs autre non connues) amenées à la prostitution dans un logement situé rue du Lièvre, à Genève (Suisse), dans un salon de massage. Une adresse « qu’il gérait de fait et dont il avait réglé les loyers et le dépôt de garantie, et ce en vue de leur prostitution ». Mais également d’avoir recruté des femmes pour qu’elles se prostituent dans des salons tenus par d’autres hommes à Berne et Soleure (Suisse). En l’occurrence des « proxénètes suisses avec lesquels il était en affaire ».Finalement, la justice française a relaxé « le Corse » du chef de proxénétisme aggravé commis en Suisse. Elle l’a en revanche reconnu coupable du même chef pour les faits survenus en France. Une peine de 12 mois d’emprisonnement, dont huit mois avec sursis simple, lui a été infligée. Il n’est cependant pas allé en prison, l’homme ayant été placé en mandat de dépôt du 19 novembre 2005 au 9 mars 2006. Il avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire.Dans un passé plus proche, Jacques Moretti a aussi été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement pour escroquerie. Avant cela, il y a une trentaine d’années, « le Corse » s’était retrouvé mêlé à une affaire d’enlèvement et de séquestration, mais n’avait pas été sanctionné par la justice. Selon une source policière au Parisien, il n’appartenait plus au « spectre de la criminalité organisée » depuis.



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