Six années de travaux et 25 millions d’euros mis sur la table – en majeure partie par la municipalité – auront été nécessaires pour rhabiller le musée des Augustins, l’un des fleurons du patrimoine toulousain. L’ancien couvent des ermites de saint Augustin au XIVe siècle, devenu, en 1795, le muséum du Midi de la République, l’un des premiers issus de la Révolution, dont l’ouverture suivit de peu celle du Louvre, a rouvert ses portes juste avant Noël. Point d’orgue de la rénovation, une façade contemporaine en pierre blanche de Dordogne, précédée d’un vaste parvis végétalisé en pente douce, remplace l’ancienne entrée et ses marches, qui rendaient l’accès peu commode aux personnes à mobilité réduite…
Cette nouvelle extension de 220 mètres carrées, conçue par l’agence portugaise Aires Mateus, continue de déconcerter une partie des habitants, jugeant le mur aveugle et sa blancheur immaculée en rupture avec la Ville rose. « On sait peu que les façades de briques qui donnent son surnom à la cité furent souvent recouvertes de chaux au XVIIIe siècle pour apporter de la lumière aux façades et assainir les rues étroites. Des édifices emblématiques de la cité, comme la basilique Saint-Sernin, le Capitole et nombre d’hôtels particuliers sont rehaussés de pierre blanche », justifie Laure Dalon, la directrice du musée. D’ailleurs, si la radicalité de la proposition divise, tous lui accordent le mérite de reconstituer une aile sud pour le cloître, celle d’origine ayant été arasée en 1895 pour ouvrir les artères commerçantes de Metz et d’Alsace-Lorraine, « sans toucher aux parties médiévales classées au titre des monuments historiques depuis 1840 », précise la maîtresse des lieux.
La restauration du grand cloître s’achèvera en 2027.
A l’intérieur, les espaces d’accueil donnent directement accès au cloître, le dernier de la région conservé intact, dont la restauration s’achèvera au printemps 2027, tout comme l’église et les salles gothiques rouvriront au public au cours de l’année 2026 après réhabilitation. Pour l’heure, on traverse les salons de peinture, rééclairés grâce à la rénovation des verrières. Dans l’un d’eux, se déploie une exposition inaugurale temporaire autour de la thématique du ciel.
Mais c’est d’abord, un étage plus bas, que l’on découvre la salle romane relookée par l’artiste cubano-américain Jorge Pardo en vert, rouge et orange : impossible désormais de traverser cette inestimable réunion de chapiteaux romans sans s’y arrêter. Le musée des Augustins a ainsi misé sur la création contemporaine pour repenser son parcours de visite, à l’instar de l’installation son et lumière de l’Espagnol Pablo Valbuena dans l’escalier Viollet-le-Duc ou de la peau textile imprimée de Stéphanie Mansy qui enveloppe les colonnes en chantier du grand cloître. De quoi patienter avant le bouquet final de 2027.
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Author : Letizia Dannery
Publish date : 2026-01-11 09:30:00
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