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« Un tyran et un traître » : quand Elon Musk invective le Premier ministre espagnol

« Un tyran et un traître » : quand Elon Musk invective le Premier ministre espagnol

Connu pour sa propension à l’escalade oratoire, essentiellement via son réseau X, Elon Musk s’est montré fidèle à sa réputation mardi en insultant à plusieurs reprises Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol. Il a, dans un premier post sur X, écrit que « Dirty Sanchez [une référence scatologique] était un tyran et un traître aux Espagnols », avant de récidiver une heure et demie plus tard : « Sánchez est le véritable totalitaire fasciste », s’emportait-il. L’objet de son courroux tient à l’annonce du chef de gouvernement espagnol d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, et à sa volonté de tenir les entreprises de la tech pour responsables des contenus haineux qu’elles publient. « Nos enfants sont exposés à un espace qu’ils ne devraient jamais avoir à explorer seuls… Nous ne l’accepterons plus, a déclaré M. Sanchez lors du Sommet mondial des gouvernements à Dubaï. Nous les protégerons du Far West numérique », rapporte Reuters.

5 millions de comptes fermés en Australie

Dans sa croisade contre le chef du gouvernement ibérique, Elon Musk a pu compter sur le concours de Pavel Durov. Le fondateur de Telegram voit lui aussi dans cette volonté de protéger enfants et adolescents des plateformes une dérive… totalitaire : « Ce ne sont pas des mesures de protection, mais des étapes vers un contrôle total. Nous avons déjà vu ce scénario auparavant : les gouvernements utilisent la « sécurité » comme arme pour censurer les critiques », a-t-il écrit sur Telegram. La joute n’en est pas resté là, puisque Sanchez a déclaré ce jeudi : « La démocratie ne sera évidemment pas influencée par les oligarques de l’algorithme. Hier encore, ils se sont adressés à des millions de personnes via leurs plateformes pour répandre des mensonges. »

L’Espagne est le dernier pays d’une liste qui ne cesse de s’allonger. A la suite de la décision de l’Australie en décembre de bannir les réseaux sociaux aux moins de 16 ans – 5 millions de comptes appartenant à des adolescents ont été désactivés dans les semaines qui ont suivi l’entrée en vigueur de l’interdiction – d’autres pays prévoient d’en faire autant, notamment en Europe. C’est le cas de la France, où une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adoptée par les députés le 26 janvier. La Grèce, le Royaume-Uni, le Danemark envisagent de se doter de législations similaires.

Les dérives de Grok

L’explosion récente des contenus générés par l’IA et le tollé suscité par les informations selon lesquelles le chatbot Grok AI d’Elon Musk aurait généré des images à caractère sexuel non consenties, notamment de mineurs, semble avoir servi de détonateur pour les responsables politiques. A Paris, les locaux de X ont été perquisitionnés le 3 février, la justice française annonçant vouloir entendre Elon Musk ainsi que Linda Yaccarino, son ancienne directrice générale, dans le cadre d’une enquête sur le non-respect de la législation française, portant notamment sur Grok. Elon Musk, évidemment, a riposté en parlant sur X « d’une attaque politique » et d’un « acte judiciaire abusif ». En Espagne, Pedro Sanchez a lui aussi déclaré que les procureurs allaient étudier les moyens d’enquêter sur d’éventuelles infractions légales commises par Grok, ainsi que par TikTok et Instagram.

Les annonces de Pedro Sanchez, en tout état de cause, devraient recueillir l’assentiment de ses concitoyens. Selon un sondage Ipsos sur l’éducation publié en août dernier et mené dans 30 pays, environ 82 % des Espagnols estiment que les enfants de moins de 14 ans devraient être interdits d’accès aux réseaux sociaux. Ce chiffre était de 73 % en 2024.



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Publish date : 2026-02-05 17:55:00

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