La Norvège ne peut exclure la possibilité d’une invasion russe sur son territoire. Voilà l’alerte lancée par le chef d’état-major de l’armée d’Oslo. Dans une interview accordée au Guardian, le général Eirik Kristoffersen, chef d’état-major des armées norvégiennes, livre sa crainte d’une offensive moscovite, non pas dans un objectif de conquête, mais plutôt pour la protection de ses actifs nucléaires, stationnés dans le Nord.
« Nous n’excluons pas une appropriation de terres par la Russie dans le cadre de son plan visant à protéger ses propres capacités nucléaires, qui sont la seule chose qui lui reste pour menacer réellement les États-Unis », s’alerte le militaire dans les colonnes du Guardian. Si Eirik Kristoffersen ne s’inquiète pas d’une invasion similaire à celle de l’Ukraine, il souligne qu’une large partie de l’arsenal nucléaire russe – dont des sous-marins, des missiles terrestres et des avions – se trouve sur la péninsule de Kola, à proximité immédiate de la frontière norvégienne.
Des armes dont le Kremlin aura besoin s’il entre en conflit avec l’Otan. « Nous ne pouvons pas écarter cette option (NDLR : une invasion). C’est en quelque sorte le scénario auquel nous nous préparons dans le Grand Nord », détaille celui qui est chef de la défense norvégienne depuis 2020, responsable des forces armées du pays ainsi que de ses services de renseignement. Son parcours au sommet de l’armée norvégienne a été marqué par la guerre en Ukraine qui a contraint l’Europe à repenser sa sécurité. Une période également marquée par l’adhésion de la Suède et de la Finlande, voisines d’Oslo à l’Otan, et le renforcement des frontières avec la Russie dans l’extrême nord de la Norvège.
Une zone stratégique
Cette zone de l’extrême nord est d’une importance cruciale pour la Russie. « La péninsule de Kola représente leur sécurité stratégique face à l’Occident », expliquait déjà en juillet 2025, Johan Roaldsnes, chef régional du service de renseignement intérieur norvégien, dans le New Yorker. « Le plan russe est le suivant : si les tensions avec l’Otan s’enveniment, ils doivent créer une zone tampon » afin de préserver leur capacité à mener des frappes nucléaires. « Cela implique la capacité de contrôler leur territoire voisin le plus proche ».
Eirik Kristoffersen a précisé au Guardian que son pays et ses troupes ne se préparaient pas seulement à une invasion classique mais à un large éventail de menaces. « Si vous vous préparez au pire, rien ne vous empêche d’être également en mesure de contrer le sabotage et les menaces hybrides ».
Des communications entre les deux pays
Le militaire précise toutefois que les communications entre la Russie et la Norvège ne sont pas coupées. Des contacts directs persistent, non seulement dans le cadre des missions de recherche et de sauvetage dans la mer de Barents, mais aussi de réunions régulières à la frontière entre les représentants des deux armées. L’homme se dit même favorable à la mise en place d’une ligne téléphonique militaire entre Moscou et Oslo.
Le but ? Disposer d’un canal de communication permettant d’éviter une escalade due à des malentendus… Qui ne seraient pas si rares que cela : « Jusqu’à présent, les violations que nous avons constatées dans notre espace aérien étaient dues à des malentendus », a affirmé Eirik Kristoffersen, attribuant ces incidents à des pilotes peu expérimentés ». Avant d’ajouter : « Lorsque nous discutons avec les Russes, ils réagissent en fait de manière très professionnelle et prévisible ». Le général précise que la Russie s’est montrée moins offensive sur son territoire qu’en mer Baltique.
Source link : https://www.lexpress.fr/monde/europe/nous-ne-pouvons-pas-ecarter-cette-option-en-norvege-la-crainte-dune-invasion-russe-KLCF6FZFLJGQZCJHCF5LDYF7DA/
Author : Asia Dayan
Publish date : 2026-02-11 18:12:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.
