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Comment la Norvège a tenu bon face aux caprices de Donald Trump sur le prix Nobel de la paix

Comment la Norvège a tenu bon face aux caprices de Donald Trump sur le prix Nobel de la paix

Janvier 2026. Donald Trump envoie un message surréaliste au Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre. « Cher Jonas, considérant que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel pour avoir empêché plus de huit guerres, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix […] mais je peux désormais réfléchir à ce qui est bon et juste pour les États-Unis », écrivait l’ex-magnat de l’immobilier concluant par l’idée d’un « contrôle total et complet du Groenland ». De leurs côtés, les Norvégiens n’y croient pas leurs yeux : « Pour la première fois dans l’histoire du prix Nobel, la guerre a été brandie parce qu’un chef d’État n’a pas reçu le prix de la paix », ironisait Harald Stanghelle dans Aftenposten, repris par le magazine américain The Atlantic.

Si ce caprice présidentiel peut prêter à sourire, il illustre l’extrême pression exercée par le président américain sur Oslo autour du prix Nobel de la paix. Deux heures plus tôt, Jonas Gahr Støre avait proposé un dialogue pour apaiser la crise imminente autour du territoire danois semi-autonome. Alors qu’il rentrait reposé d’un séjour au ski, il ne s’attendait pas à ce qu’une missive mélangeant menace et exigences géopolitiques apparaissent sur son smartphone. Seul point positif : au moins, le président américain est joignable et répond à ses messages, contrairement à son prédécesseur Joe Biden.

Face à ces invectives, le Premier ministre norvégien a choisi la fermeté et la prudence. « Je ne vais pas me lancer dans une joute verbale. Je ne vais pas répondre », explique-t-il dans un entretien accordé à The Atlantic. Il a toutefois adressé un court message diplomatique à son homologue américain : « Je comprends votre message ; je pense toujours qu’il est utile de dialoguer. » Jonas Gahr Støre a maintenu une ligne claire : la Norvège ne décide pas de l’attribution du prix Nobel de la Paix, qui relève d’un comité indépendant. « Toute pression serait vaine », rappelle-t-il encore une fois.

Un processus « déconnecté de la politique »

Par ailleurs, le fait que Donald Trump ait contacté son homologue norvégien révèle plusieurs incompréhensions du côté de la Maison Blanche : Jonas Gahr Støre n’a aucune autorité sur la politique danoise concernant le Groenland, convoité par le président américain, et aucun pouvoir sur la Fondation Nobel. Celle-ci est basée en Suède, et seul le prix Nobel de la paix est décerné à Oslo, conformément au testament d’Alfred Nobel.

De son côté, le directeur de l’Institut Nobel, Kristian Berg Harpviken, a ignoré les pressions du président américain. Le processus d’attribution, déconnecté de la politique, est strictement encadré : les délibérations restent confidentielles pendant 50 ans et tous les membres signent des accords de confidentialité, a-t-il assuré dans The Atlantic. Face aux accusations de partialité, la Fondation a choisi de renforcer la transparence et de communiquer davantage sur ses critères, estimant que « la meilleure stratégie pour dissiper les tensions est d’en parler ».

Preuve que le Premier ministre norvégien ne se laisse pas impressionner par le géant américain : il en profite pour rappeler les réalités géopolitiques, notamment après les critiques de Donald Trump sur l’utilité de l’Otan au Forum de Davos en janvier 2026. « Les forces norvégiennes, en collaboration avec leurs alliés, surveillent les capacités russes dans l’Arctique. Cette expertise profite à tous, y compris aux États-Unis. » Entre menaces présidentielles, obsession pour le Nobel et enjeux stratégiques dans le Grand Nord, la Norvège a su répondre avec autorité et communication prudente.



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Author : Audrey Parmentier

Publish date : 2026-02-16 17:40:00

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