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Défense, IA, nucléaire… Qu’attendre de la visite d’Emmanuel Macron en Inde ?

Défense, IA, nucléaire… Qu’attendre de la visite d’Emmanuel Macron en Inde ?

C’est la quatrième visite d’Emmanuel Macron en Inde depuis 2017, et pas n’importe laquelle. Une centaine de chefs d’entreprises français seront présents à ses côtés de mardi à jeudi. Parmi eux, les dirigeants d’EDF, Schneider Electric, CMA-CGM, Eutelsat, Safran, Naval Group ou encore Dassault Aviation. Objectif : renforcer la coopération économique entre Paris et New Delhi, dans les secteurs clés de la défense, de l’IA et de l’énergie notamment.

Si les entreprises françaises sont bien implantées en Inde – avec plus de 700 entreprises, employant plus de 500 000 salariés et un commerce bilatéral qui se chiffre à 15 milliards d’euros, la France reste loin derrière l’Allemagne – qui enregistre un commerce bilatéral de 42 milliards avec l’Inde. Avec cette visite, Paris veut donc aller plus loin. « On a un commerce bilatéral avec l’Inde qui a augmenté ces dernières années. Mais on estime qu’on a un potentiel encore inexploité et que ce commerce, ces échanges peuvent se renforcer », souligne la présidence française.

Défense, IA, énergie, diplomatie

Premier secteur concerné : la défense. Un contrat « historique » portant sur l’achat par l’Inde de 114 avions Rafale doit être signé dans les prochains mois. Selon la presse indienne, le Conseil indien des acquisitions de Défense a approuvé jeudi dernier cette commande évaluée à 30 milliards d’euros. Ce feu vert constitue un « jalon très important », s’est félicité l’Elysée, qui se veut « optimiste » sur les négociations à venir entre l’Inde et Dassault Aviation. En avril dernier, New Delhi avait déjà donné son aval à l’acquisition de 26 Rafale marine destinés à équiper les deux porte-avions de la marine indienne, qui s’ajoutaient aux 36 Rafale commandés par l’Inde dans les années 2010.

Autre secteur au cœur de cette rencontre : l’intelligence artificielle. Alors que l’Inde accueille cette semaine un sommet mondial sur l’intelligence artificielle – qui fait suite à celui organisé à Paris début 2025 – Emmanuel Macron y prononcera jeudi un discours devant des chefs d’Etat et dirigeants des géants technologiques du monde entier. Seront notamment présents Alexandr Wang et Yann Le Cun (ex-Meta), Dario Amodei (Anthropic), Sam Altman (OpenAI), Sundar Pichai (Google), ou encore Arthur Mensch (Mistral AI). Selon l’Elysée, Paris se positionnera en faveur d’une IA durable et en faveur de l’intérêt général. Mercredi, Emmanuel Macron doit aussi se rendre à l’hôpital de New Delhi, où il rencontrera des jeunes talents issus de la tech et de la santé avant d’inaugurer le centre franco-indien d’intelligence artificielle en matière de santé.

Certains partenariats sont également attendus dans le domaine de l’énergie, et en particulier du nucléaire. L’Inde veut construire des centrales nucléaires pour décarboner sa production d’électricité et a engagé depuis des années des discussions avec le géant français EDF, dont le PDG Bernard Fontana sera du voyage.

Sur le plan plus « diplomatique » enfin, cette visite est aussi censée faire émerger un dialogue entre les puissances occidentales et le « Sud global », la France accueillant les pays du G7 en 2026 tandis que l’Inde présidera la réunion des BRICS, qui rassemble les puissances émergentes.

Tensions sur l’Ukraine

Pour Paris, cette visite intervient à un moment crucial. Confronté aux droits de douane américains, il s’agit de diversifier les débouchés et de resserrer les liens avec ses alliés, dont l’Inde fait partie, quitte à fermer les yeux sur les dérives de la « plus grande démocratie du monde » concernant les droits des minorités. L’accord de libre-échange, scellé il y a tout juste deux semaines entre l’Inde et l’Union européenne, marque un premier pas en ce sens, et signe une volonté de diversifier les échanges au-delà de la défense.

Un point de friction demeure toutefois, alors que New Delhi refuse toujours de condamner Moscou pour son invasion de l’Ukraine. « Ce que nous disons aussi aux Indiens, c’est que des éléments aussi élémentaires que l’obtention d’un cessez-le-feu ou la fin des frappes contre les infrastructures civiles et énergétiques, ce sont des éléments qui doivent nous rassembler », assure l’Elysée. Mais en pratique, la relation Inde-Russie bat de l’aile. La visite de Vladimir Poutine en Inde, en décembre, n’a débouché sur aucun nouvel accord, ni aucun contrat. Dans le même temps, Donald Trump a d’ailleurs contraint les Indiens, via des tarifs de 50 % sur leurs exportations, à réduire drastiquement leurs achats de pétrole russe. De quoi renforcer la relative neutralité de l’Inde dans le conflit, et favoriser un rapprochement avec les pays européens.



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Publish date : 2026-02-17 08:06:00

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