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Mort de Quentin Deranque à Lyon : stop à la surenchère des mots, par Eric Chol

Mort de Quentin Deranque à Lyon : stop à la surenchère des mots, par Eric Chol

C’est un air fétide qui les années 1930. Quand le député de Narbonne et chef de file des socialistes, Léon Blum, est agressé, le 13 février 1936, à Paris, par un groupuscule de l’Action française. « Plaies multiples de la face et du cuir chevelu faites par un instrument contendant, rapporte le médecin. Un coup a été porté dans la région temporale gauche, sur le trajet d’un vaisseau sanguin, ce qui a entraîné une hémorragie abondante. » Quelques mois plus tôt, l’Action française écrivait à propos de Blum : « C’est un homme à fusiller, mais dans le dos. » Soigné à temps, le chef de la SFIO gagnera trois mois plus tard les élections.

Le jeudi 12 février, Quentin Deranque, 23 ans, victime d’un lynchage en marge d’une conférence à Sciences Po Lyon tenue par l’eurodéputée Rima Hassan (LFI), n’a eu, lui, aucune chance de s’en sortir, victime d’un « traumatisme crânio-encéphalique majeur et d’une fracture temporale droite ». Les lésions du jeune étudiant nationaliste « étaient au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brèves échéances », expliquera le procureur. Dans le viseur des médias, le porte-drapeau des insoumis et ses sbires multiplient les provocations pour se défendre. Si mal. Faut-il être aveugle pour ne pas voir cette atmosphère de haine qui a envahi le pays ? Cette fièvre entretenue sur les réseaux sociaux, les plateaux télé, dans les amphithéâtres, et désormais dans les rues ? Avec la mort de Quentin, la radicalisation a franchi un nouveau seuil. « Nous n’avons rien à voir avec cette histoire », rétorque le chef des insoumis qui, tranquillement, assure prôner la non-violence.

Sauf qu’en réalité, cette histoire dramatique est aussi la conséquence des innombrables dérapages des insoumis. Qui a refusé d’appeler au calme, après la mort tragique de Nahel, le 27 juin 2023 ? Jean-Luc Mélenchon. Qui a conceptualisé la stratégie de conflictualisation, au point de s’écrier, le 30 juin 2024 : « C’est eux ou nous, il n’y a rien au milieu » ? Jean-Luc Mélenchon. Qui a adoubé la candidature de Raphaël Arnault chez les insoumis, le fondateur et ancien leader du groupuscule la Jeune Garde, fiché S, et condamné pour violences volontaires en réunion ? Jean-Luc Mélenchon. Et que dire de Thomas Portes, élu insoumis, qui s’est affiché sur un tweet en posant le pied sur un ballon de football à l’effigie du ministre du Travail Olivier Dussopt ? Ou de Rima Hassan, qui use et abuse de son statut d’élue pour répandre sa haine contre les sionistes, et lance ce tweet début février accusant la liste PS de « promouvoir des discours génocidaires », en raison de la présence du maire Ariel Weil ?

Peu après l’agression de Léon Blum en 1936, l’Action française fut déclarée hors-la-loi et dissoute. Combien de temps encore les Français vont-ils supporter la hargne d’un septuagénaire dont les coups d’éclat permanents saturent le paysage politique ?



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Author : Eric Chol

Publish date : 2026-02-17 12:00:00

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