On l’ignore souvent, mais lorsqu’un écrivain décrit une scène où, par amour, un beau jeune homme offre un bijou à sa dulcinée, il utilise un mot venu de l’occitan (amour) et un autre du breton (bijou). Car c’est un fait : le français a largement emprunté à ses voisines, les langues dites régionales.
En veut-on d’autres illustrations ? Le catalan nous a offert « bandoulière » et « sardane » ; le francique mosellan « besogne » et « fauteuil » ; le basque « chistera » et « isard » ; le corse « maquis » et « vendetta » ; le picard « rescapé » et « flaque » ; le normand « vague » et « homard » (sous l’influence des Vikings, bien sûr), mais aussi « joli » et « bouquet » (qui s’est substitué à l’ancien français « bouchet »). Le breton, lui, ne nous a pas donné seulement « biniou » et « menhir », mais aussi « cohue », « balai » et « goélette ». Mention spéciale à l’occitan, toutefois, la plus influente de toutes, avec « abeille », « bastide », « cadet », « cep », « daurade », « langouste », « pic » et « pinède ». Entre autres…
Cette floraison aurait sans doute réjoui Du Bellay qui, dans sa célèbre Défense et illustration de la langue française, encourageait précisément le français à emprunter aux autres langues de France. Si le grand poète venait à ressusciter, il constaterait avec plaisir que le phénomène a pris des allures d’avalanche. Mais là, c’est du francoprovençal !
Source : L’aventure des mots français venus d’ailleurs. Par Henriette Walter. Editions Robert Laffont.
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Author : Michel Feltin-Palas
Publish date : 2026-03-07 08:30:00
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