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Un ex-directeur du MI6, le prince William… Saint Andrews, voie royale des étudiants en Ecosse

Un ex-directeur du MI6, le prince William… Saint Andrews, voie royale des étudiants en Ecosse

Sur la pelouse parfaitement entretenue du complexe sportif de l’université de Saint Andrews, un maillot bleu ciel, aux couleurs de l’école, fend le terrain. Ballon ovale à la main, le jeune joueur évite ses adversaires de l’équipe rivale de New Castle, accélère, puis marque un essai parfait sous les applaudissements des spectateurs – presque tous acquis à sa cause. En ce mercredi nuageux de mars, le centre sportif de l’établissement écossais est en ébullition : Saint Andrews accueille les finales du British Universities and Colleges Sports (BUCS), batailles au sommet des meilleures équipes universitaires du pays. Plus de 500 étudiants se sont donné rendez-vous dans cette petite ville de la région de Fife, dans le nord de l’Ecosse, pour y disputer 21 matchs dans une dizaine de sports différents.

Pour l’université hôte, l’enjeu est de taille. « Contrairement à d’autres écoles, presque tout le monde ici fait partie d’une équipe sportive ou d’une association étudiante. Notre communauté est très soudée et extrêmement impliquée dans ce genre d’événements », commente Tom, étudiant en économie et membre de l’équipe de rugby. Depuis les gradins, il suit la partie avec attention : en cas de victoire, ses camarades seront classés en deuxième position de la ligue, soit le meilleur classement jamais obtenu par l’équipe de Saint Andrews. Mais pour Tom, l’investissement n’est pas que sportif.

En intégrant l’équipe, ce jeune Ecossais s’est lié d’amitié avec des élèves internationaux venus des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud et avec ses « aînés » de 3e ou 4e année. « On sort ensemble le mercredi soir, on se suit sur les réseaux sociaux. C’est un bon moyen de se faire des contacts que l’on gardera longtemps… Et qui pourront servir notre future carrière », estime-t-il, touchant du doigt l’un des atouts majeurs de Saint Andrews. Avec plus de 200 societies [associations étudiantes], une cinquantaine de clubs sportifs et une solide communauté d’alumni à travers le monde, l’école mise autant sur son excellence académique que sur le réseau de premier ordre que les étudiants pourront tisser durant leur scolarité.

« Les relations que les élèves créent ici sont parfois déterminantes pour le reste de leur vie personnelle ou professionnelle », admet Dame Sally Mapstone, directrice et vice-chancelière de l’université. En témoigne le couple d’anciens élèves le plus célèbre de l’école : le prince William et Kate Middleton. Tous deux diplômés en 2005, ils se sont rencontrés entre ces murs – lui étudiait la géographie, elle l’histoire de l’art. Différentes personnalités politiques, sportives ou culturelles ont également forgé leur esprit critique à Saint Andrews, tels que l’ancien Premier ministre écossais Alex Salmond, diplômé en économie et en histoire médiévale, l’ex-directeur du MI6 Alex Younger, en économie, ou encore le sextuple champion olympique en cyclisme sur piste Chris Hoy, qui y a étudié les mathématiques et la physique.

« Meilleurs ambassadeurs »

Dans une école où près de la moitié des 10 400 étudiants sont internationaux, issus de 135 pays différents, Dame Sally Mapstone a bien conscience de la multitude d’opportunités que cette diversité offre à ses élèves. Au-delà d’une excellente formation et d’un processus d’admission extrêmement sélectif – seuls 13 % des candidats sont admis chaque année -, les étudiants doivent « devenir des individus complets et les meilleurs ambassadeurs mondiaux de l’enseignement supérieur et de Saint Andrews », estime-t-elle. Dans cette optique, la direction encourage les activités extrascolaires, l’esprit entrepreneurial et les projets inter-promotions, appuyés par un soutien logistique et des infrastructures exceptionnelles – à l’image du centre sportif ou du Laidlaw Music Center, ouvert il y a six ans au cœur de la ville et dont les salles de répétition et les studios d’enregistrement sont réservés aux élèves.

Un environnement d’une telle qualité a évidemment un coût. Pour les étudiants écossais, qui peuvent bénéficier d’une aide financière de l’Etat, les frais de scolarité se limitent à environ à 1 800 livres par an. Mais la facture monte vite pour les autres élèves : de l’ordre de 9 500 livres s’ils sont originaires du Royaume-Uni, 33 000 pour les autres, avec un pic proche de 40 000 livres pour le cursus de médecine. L’université elle-même attribue des bourses d’études et des aides, en fonction de la situation financière des étudiants, de leur excellence académique ou de leur engagement dans le sport, la musique ou le « leadership ».

Traditions et excellence

Dans les rues de la petite commune côtière de Saint Andrews, 17 000 habitants, difficile de ne pas se laisser emporter par l’effervescence de cette vie étudiante. Le campus, disséminé dans toute la ville, mêle des installations ultramodernes à des bâtiments vieux de plusieurs siècles, rappelant la riche histoire de cette école fondée en 1413. A quelques centaines de mètres de la chapelle Saint-Salvator, datant du XVe siècle, de nouveaux immeubles sortiront bientôt de terre. Cet investissement de 140 millions de livres est le projet immobilier le plus ambitieux de l’histoire de l’université. Baptisés New College, ces nouveaux locaux abriteront bientôt la prestigieuse école de relations internationales de Saint Andrews, ainsi qu’une nouvelle business school.

Pour l’heure, en attendant qu’une averse passe, des étudiants de licence portant la traditionnelle robe rouge se sont réfugiés sous les arcades du majestueux bâtiment principal, et répètent les chants de la chorale étudiante. « Les traditions multiséculaires de l’école sont parfois surprenantes », sourit Alice Hodges, présidente de l’Union Affairs, qui regroupe les dizaines de societies de l’école. Outre les populaires clubs de théâtre, d’art, de débats ou d’organisation d’événements caritatifs, on découvre ainsi la « Highland cow society », en hommage à la race de vache locale, et la « Tunnock’s Caramel wafer society », dédiée à une gaufrette traditionnelle. « Il est évidemment possible de lancer sa propre association ou de faire partie de plusieurs societies, une façon de rencontrer des gens venus d’horizons très différents », explique la jeune femme, qui a elle-même lancé une association à la gloire des chaussures Crocs, tout en intégrant pendant quatre ans la très professionnelle station de radio étudiante STAR.

L’offre sportive de l’université donne aussi le tournis : selon Amy Gordon, présidente de l’Athletic Union, les 53 clubs recensés accueillent plus de la moitié des étudiants – le taux le plus élevé d’Ecosse. Des débutants, mais aussi des sportifs confirmés qui concourent à un très haut niveau. « C’est notamment le cas pour le golf, pour lequel nous sommes très reconnus », explique-t-elle, donnant l’exemple de Kristina Armstrong. Cette étudiante en médecine est membre du club de canoë, médaillée de bronze aux Championnats du monde juniors et double championne d’Europe des moins de 23 ans en canoë-kayak. Elle a reçu de la part de ses camarades le prix Lord Menzies Campbell de l’athlète de l’année en 2025.

Elle-même joueuse de netball, un dérivé du basket, Amy Gordon assure que la qualité de l’offre sportive de Saint Andrews a largement influencé sa décision au moment de choisir son cursus universitaire. Son implication dans l’association lui permet d’ajouter de précieuses lignes à son CV. « C’est un plus, qui complète clairement notre diplôme et ne peut que jouer en notre faveur devant de futurs employeurs », fait-elle valoir.

Mentorat et sponsoring

Pour qu’aucun élève ne soit laissé de côté, les liens entre les étudiants sont également favorisés par plusieurs systèmes de mentorat. Les « première année » sont invités à rejoindre des « familles académiques », formées d’étudiants plus âgés. « On dîne ensemble, on révise, on fait du sport, on s’intègre dans d’autres societies« , raconte Alice Hodges.

Ces liens, forgés dans le huis clos des années universitaires, se prolongent grâce à l’administration de Saint Andrews, par le biais d’événements annuels, de mise en relation avec les anciens élèves, de sites internets dédiés… Une soixantaine de clubs d’alumnis gérés par des bénévoles ont été créés à travers le monde, tandis que l’initiative « Coffee connect », lancée en septembre 2020, permet aux jeunes diplômés d’entrer en relation avec des anciens où qu’ils soient. Selon l’université, 5 000 membres – étudiants, diplômés, parents et « amis » de l’école – ont déjà pris part au programme. De quoi assurer aux jeunes étudiants une voie royale dans le monde du travail.



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Author : Céline Delbecque

Publish date : 2026-03-20 15:00:00

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