L’Italie s’apprête à voter pour un référendum crucial. Il s’agit sans doute, note la presse italienne, de l’échéance électorale la plus importante de ces dernières années dans le pays. Et pour cause : ce référendum sur la justice pourrait largement remodeler le fonctionnement de la magistrature en Italie. Mais les élections ont aussi une allure de vote de confiance sur Giorgia Meloni, alors que celle-ci bénéficie actuellement d’une forte popularité, explique Politico.
Un projet de longue date de la droite
Concrètement, ce référendum propose d’introduire de nouvelles normes au sein du système judiciaire italien : séparation des carrières entre juges et procureurs, scission en deux du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), nomination des grands magistrats par tirage au sort et instauration d’une nouvelle « Haute Cour disciplinaire ». Si le oui l’emportait, il viendrait valider un projet de réforme dans les cartons depuis près de trente ans. Et renforcerait en outre l’image d’invincibilité que projette aujourd’hui Giorgia Meloni à Rome et à Bruxelles.
Pourtant, si les sondages ont longtemps placé le « oui » en tête pour ce référendum, la marge tend à se réduire avec le « non ». Si bien que Giorgia Meloni s’est lancée dans une croisade contre la magistrature, qu’elle accuse d’être « biaisée à gauche », suivie par plusieurs membres de son gouvernement, qui redoublent d’efforts pour décrédibiliser le pouvoir judiciaire auprès du grand public. Le ministre de la justice Carlo Nordio a ainsi été jusqu’à accuser le CSM de « fonctionnement quasi mafieux ».
Polarisation intense
Des accusations au cœur de la rhétorique de la droite italienne depuis plusieurs décennies, catalysée notamment par l’opération « Mani Pulite » – Mains Propres – des années 1990 et les affaires judiciaires de Silvio Berlusconi. Ces dernières semaines, la campagne pour le « oui » s’est appuyée sur un discours sécuritaire très marqué, la diabolisation des magistrats – accusés d’empêcher le gouvernement de durcir sa politique migratoire – s’accompagnant souvent d’une héroïsation des membres des forces de l’ordre.
A l’inverse, au sein de l’opposition, des posts sur les réseaux sociaux fleurissent contre cette réforme. Dépeinte comme une atteinte de plus à la démocratie, elle est parfois présentée comme une porte ouverte à des pratiques similaires à celles de l’ICE – la police de l’immigration – aux Etats-Unis.
La popularité de Meloni en jeu
En cas de victoire du non, Giorgia Meloni essuierait son premier revers majeur depuis son arrivée au pouvoir. La Première ministre italienne n’a d’ailleurs pas oublié le précédent de Matteo Renzi, contraint de démissionner après l’échec de son référendum en 2016, et a déjà annoncé qu’elle resterait au pouvoir, quelle que soit l’issue du scrutin. Cependant, note The Post Internazionale, une défaite porterait un coup sévère à la majorité actuelle à un an des élections générales prévues en 2027.
Ce référendum est d’autant plus crucial qu’il intervient dans un contexte délicat, marqué par la guerre en Iran. La crise a révélé au grand jour l’alignement de Giorgia Meloni sur l’administration Trump, contre une grande partie de l’opinion publique italienne.
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Publish date : 2026-03-22 16:15:00
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