À Rome, Giorgia Meloni remanie son gouvernement après la cuisante défaite d’un référendum sur la réforme de la justice, qui a fait office il y a quelques jours de test majeur pour son leadership. Lundi 23 mars, un pourcentage record d’Italiens — 59 % au niveau national et 70 % dans certaines grandes villes, un taux porté par les jeunes — s’est rendu aux urnes, pour rejeter à 54 % cette réforme phare portée historiquement par la droite dure italienne, transformant le vote en un véritable désaveu politique. Ce revers a immédiatement déclenché des remous au sein de l’exécutif, et renforcé l’opposition.
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Si la Première ministre italienne a reconnu le résultat avec calme, refusant tout de même de démissionner, l’opposition a donc saisi l’occasion pour tenter de la pousser vers la sortie. Giorgia Meloni était déjà fragilisée ces derniers temps, entre les polémiques judiciaires touchant ses ministres, la nécessité de consolider sa majorité au parlement et un contexte socio-économique de hausse des prix et baisse de productivité en Italie.
Démissions de ministres sous enquêtes
Le revers électoral du référendum a provoqué un remaniement immédiat au sein de la coalition de droite (Forza Italia) et d’extrême droite (La Ligue et Frères d’Italie) au pouvoir. Deux hauts responsables du ministère de la Justice ont démissionné dès mardi, suivis par la ministre de Tourisme ce mercredi 25 mars. Tous les trois faisaient l’objet d’enquêtes de la part des procureurs, ce qui donnait jusqu’ici une image très défavorable à un exécutif accusé d’avoir réduit l’indépendance et le pouvoir de la justice en Italie. Certaines critiques dirigées contre le gouvernement Meloni à l’occasion de ce référendum l’accusaient d’ailleurs de vouloir réformer la justice pour rendre plus compliqué le fait d’enquêter sur des politiciens en exercice.
Parmi les démissionnaires, Andrea Delmastro Delle Vedove, sous-secrétaire à la Justice et fidèle de Giorgia Meloni, a été impliqué dans une polémique mafieuse liée à un investissement dans un restaurant, qu’il a reconnu comme une erreur de jugement sans malversation. Giusi Bartolozzi, cheffe de cabinet du ministère, est quant à elle poursuivie pour avoir couvert l’exfiltration d’un chef de guerre libyen recherché par la Cour pénale internationale, tandis que la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè, fait face à un procès pour fraude et fausse comptabilité dans ses activités professionnelles.
L’opposition galvanisée avant les législatives de 2027
Le ministre de la Justice Carlo Nordio, auteur de la réforme rejetée, dit assumer la responsabilité de cette défaite mais ne compte pas démissionner, préférant se retirer après les élections nationales prévues l’an prochain. La classe politique critique vivement ces démissions, mais surtout leur timing jugé bien trop tardif et opportuniste, l’opposition accusant la Première ministre de charger des « boucs émissaires facile » pour éponger ses propres erreurs.
Malgré l’échec, Giorgia Meloni ne devrait pas appeler à des élections anticipées, la situation internationale et économique rendant cette option peu probable. Les législatives du début 2027 restent donc le scénario de référence. Elles promettent un scrutin incertain avec un parlement fragmenté : d’un côté, une opposition galvanisée cherchant à construire une alternative crédible ; de l’autre, la Première ministre qui tente de manœuvrer habilement pour préserver ses chances de victoire.
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Author : Enola Richet
Publish date : 2026-03-26 12:33:00
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