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Guerre en Iran : l’épuisement des missiles Tomahawk inquiète le Pentagone

Guerre en Iran : l’épuisement des missiles Tomahawk inquiète le Pentagone

« Si la guerre en Ukraine a été un signal d’alarme pour le secteur occidental de la défense, les seize premiers jours du conflit avec l’Iran constituent une alerte incendie annonçant une crise d’endurance », estime dans un rapport publié le 24 mars 2026 le Royal United Services Institute (RUSI) qui met en garde contre la « consommation massive de munitions de pointe lors de l’opération Fureur épique » par les Etats-Unis et Israël, contre l’Iran. En deux semaines, le centre de recherche britannique décompte 11 294 munitions tirées par la coalition israélo-américaine, dont 4 184 à vocation défensive, pour un coût d’environ 26 milliards de dollars. Un calcul qui fait entrer le conflit dans une « phase critique d’approvisionnement » en munition, selon l’institut.

Diminution menaçante du stock de Tomahawk ?

Parmi les munitions menacées de pénurie, les redoutables missiles de croisière à longue portée Tomahawk américains. Pouvant parcourir plus de 1 600 kilomètres et tirés depuis des navires de surface ou des sous-marins, ils permettent aux forces américaines d’éviter l’envoi de pilotes dans des zones aériennes fortement défendues. Selon le Washington Post, plus de 850 Tomahawk ont été tirés depuis le début du conflit par l’armée américaine seule.

Un rythme de tir surveillé de très près par certains seniors du Pentagone, qui craignent que la première armée du monde ne se mette en difficulté sur le long terme si elle maintient cette cadence effrénée. Auprès du journal américain, ils s’inquiètent d’un nombre de missiles restants « alarmant tant il est bas ».

Capacité réduite à réagir en Ukraine ou à Taïwan

Selon diverses estimations, l’administration Trump disposait d’entre 3 000 et 4 500 missiles il y a un mois. Pour Mark Cancian, conseiller principal au Center for Strategic and International Studies, qui s’exprime auprès du Washington Post, plus de 800 tirs de Tomahawk contre l’Iran « représenterait environ un quart du stock total et entraînerait un déficit important en cas de conflit dans le Pacifique occidental ». Le RUSI britannique plussoie : « L’endurance n’est pas une question locale. Chaque missile intercepteur et chaque Tomahawk tiré à partir d’un stock limité et difficile à reconstituer réduit la capacité des États-Unis à dissuader et à se défendre sur un autre théâtre d’opérations, par exemple pour protéger Taïwan ou soutenir l’Ukraine », insiste le Think Tank britannique.

Selon des documents de la Marine des Etats-Unis cités par le Washington Post, les missiles les plus récents coûtent jusqu’à 3,6 millions de dollars l’unité, et nécessitent environ deux ans pour être construits. La production annuelle mondiale est limitée à environ 600 missiles.

L’Occident incapable de tenir la cadence industrielle ?

Pour le RUSI désormais, « la domination sur le champ de bataille importe moins que la capacité industrielle à reconstituer les stocks essentiels ». Or, ces 15 premiers jours de guerre ont, selon les chercheurs, « mis en évidence une vulnérabilité critique : un rapport coût-efficacité stratégiquement désastreux que la capacité industrielle occidentale n’est pas en mesure de supporter ».

L’administration Trump a récemment annoncé que Raytheon et d’autres fabricants « quadrupleront la production des armes de la ‘Classe Exquise' » (des armes de faute précision) dans le futur. « L’armée américaine a tout ce dont elle a besoin pour exécuter n’importe quelle mission au moment et à l’endroit choisis par le président et selon n’importe quel calendrier », a par ailleurs répondu avec assurance Sean Parnell, porte-parole du Pentagone.



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Author : Enola Richet

Publish date : 2026-03-28 15:40:00

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