Un peu plus de 650 000 : c’est le nombre d’enfants nés en Allemagne en 2025, et aussi le taux de natalité le plus bas jamais atteint depuis l’après-guerre. Selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (Destatis), 655 000 naissances ont été enregistrées l’an dernier, contre environ 680 000 en 2024, indique la Deutsche Welle. Avec plus d’un million de décès enregistrés la même année, le déficit s’élève donc à 350 000 naissances : l’un des scénarios les plus noirs en Europe, posant de nombreux défis à la première économie du Vieux Continent. Des moyennes qui contrastent fortement avec les 1,3 million de naissances de 1964, au plus fort du baby-boom.
C’est la quatrième année consécutive que le taux baisse. « L’institut Destatis attribue cette tendance à l’entrée dans la période cruciale de la trentaine des cohortes des années 1990, période dans laquelle les naissances étaient moins nombreuses, ainsi qu’à la baisse du taux de fécondité », détaille la chaîne publique. Les projections à long terme indiquent que la population allemande pourrait ainsi diminuer de 10 % d’ici 2070, l’immigration ne compensant pas le déclin.
Un poids pour la sécurité sociale
Un problème amené à peser de plus en plus sur l’économie, avec le départ à la retraite de la génération des baby-boomers, tandis que les entreprises craignent une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. D’ici 2035, un quart des Allemands auront 67 ans ou plus, selon les projections de l’Office national des statistiques, ce qui signifie une pression supplémentaire sur le système des retraites, financé par les actifs. Raison pour laquelle le chancelier Friedrich Merz incite les seniors à rester sur le marché du travail, en autorisant les retraités à percevoir jusqu’à 2 000 euros par mois, exonérés d’impôt.
De son côté, l’Association allemande des familles a qualifié ces chiffres de « signal d’alarme » et fustigé des décennies de politiques allant « à l’encontre des familles », a déclaré son directeur Sebastian Heimann. « Notre système de sécurité sociale, notamment des retraites, pénalise les parents qui élèvent des enfants en baissant leurs ressources à la retraite. C’est particulièrement le cas des mères de famille », a indiqué Sebastian Heimann.
Politiques publiques
« Comme les décideurs politiques n’ont pas réussi, depuis des décennies, à augmenter les prestations telles que l’allocation parentale et ont ignoré les besoins spécifiques des familles nombreuses, ils ne devraient pas être surpris par la baisse des taux de natalité », a-t-il encore ajouté.
A l’époque, les mesures prises par l’ancienne chancelière Angela Merkel, comme les incitations financières aux jeunes familles, avaient coïncidé avec une hausse temporaire de la natalité. Entre 2010 et 2021, le nombre de naissances avait ainsi augmenté de 20 % par an, note le Financial Times, atteignant jusqu’à 800 000 naissances.
De quoi peut-être inspirer dans l’Hexagone. Si la France n’est pas la plus mal lotie dans l’Union européenne (avec 1,65 d’enfant par femme en 2023, contre 1,38 en moyenne dans la zone), les naissances baissent également de ce côté du Rhin. En 2025, 645 000 enfants seulement sont nés – le chiffre le plus bas depuis 1945.
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Publish date : 2026-04-30 17:38:00
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