Le président chinois Xi Jinping continue de recevoir des dirigeants internationaux en ce mois de mai 2026. Après ses homologues américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine, le président de la Serbie, Aleksandar Vucic, se rendra à Pékin du 24 au 28 mai. La Serbie et la Chine auront l’occasion de renforcer leur relation, devenue très intime depuis plus de dix ans.
Lorsqu’en 2013 la Chine lance son faramineux projet de « Nouvelles routes de la soie », elle cible la Serbie, voie d’entrée majeure vers le marché économique de l’Union européenne (UE). Depuis, Pékin a investi plus de 8 milliards de dollars (6,9 milliards d’euros) dans la construction d’autoroutes, ponts et infrastructures ferroviaires en Serbie. Des investissements dans une mine de cuivre, d’or et dans une aciérie ont aussi été réalisés. En 2024, la part des investissements directs étrangers chinois en Serbie a ainsi atteint 32 %. Il y a dix ans, elle n’était que de 2 %. Enfin les deux pays sont liés par un accord de libre-échange depuis 2024.
61 % des armes importées depuis la Chine
Allié stratégique sur le volet économique, la Chine a récemment fait de la Serbie un partenaire sur le plan militaire. En mars, le pays des Balkans a intégré dans son arsenal des missiles supersoniques chinois, rapporte Bloomberg. Si Belgrade a déjà commandé des avions Rafale de fabrication française, elle pourrait également acquérir des avions de chasse chinois. Un thème qui devrait être discuté lors de la rencontre entre Aleksandar Vucic et Xi Jinping. Entre 2021 et 2025, la Serbie a ainsi importé 61 % de son armement depuis la Chine. Loin devant les 12 % importés depuis la France.
Les deux nations se sont même mutuellement soutenues sur des sujets politiques. Belgrade défend les revendications de Pékin sur Taiwan. « Nous avons une position claire et simple en ce qui concerne l’intégrité territoriale de la Chine. Oui, Taïwan est la Chine », avait affirmé Aleksandar Vucic lors de sa rencontre avec Xi Jinping en mai 2024. En retour, la Chine appuie le refus de la Serbie de reconnaître l’indépendance du Kosovo, qui a fait sécession en 2008.
Une entente difficile à gérer pour l’UE
Si la Chine parvient à étendre son influence économique aux portes de l’UE, côté serbe, la situation est tout aussi gagnante. Non-membre de l’Otan, la Serbie doit assurer sa propre défense dans un contexte géopolitique incertain.
Surtout la relation de la Serbie avec l’UE, dont elle est candidate à l’entrée depuis 2012, s’est dégradée. L’Union conditionne plusieurs millions d’euros de financement et d’aide à des réformes démocratiques sur l’Etat de droit et l’indépendance de la justice, que Belgrade ne réalise pas. La Chine, à l’inverse, est peu regardante sur ces questions de politique intérieure.
Mais ce choix de partenariat a suscité de vives réactions citoyennes, après que l’auvent de la gare de la ville de Novi Sad au nord de la Serbie, rénové par des entreprises chinoises, s’est effondré, un accident qui a fait 16 morts en novembre 2024. Le drame a entraîné d’immenses manifestations dans le pays, les participants dénonçant l’absence de contrôle gouvernemental sur ces constructions.
Reste que les Européens ont du mal à gérer cette entente sino-serbe. D’un côté, l’UE est le premier partenaire commercial de la Serbie, ce qui rassure à Bruxelles. En 2024, elle représentait 62 % des exportations serbes et 56 % des importations. Mais de l’autre, l’UE s’inquiète de l’importance que prend la Chine dans l’économie serbe, avertissant que l’augmentation des investissements chinois en Serbie, mettrait à mal son adhésion à l’alliance européenne.
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Publish date : 2026-05-22 15:09:00
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