L’Express

L’accord Iran-USA se précise : à quoi peut-on s’attendre ?

L’accord Iran-USA se précise : à quoi peut-on s’attendre ?

Touche-t-on à la fin de la guerre en Iran ? Près de trois mois après l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février dernier, le président Donald Trump a affirmé samedi sur son réseau Truth Social que Washington et l’Iran ont « largement négocié » un mémorandum d’entente sur un accord de paix.

Ce dernier permettrait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, route maritime vitale pour le transport mondial d’hydrocarbures. « Les derniers aspects et détails de l’accord sont actuellement en discussion et seront annoncés prochainement », a précisé le président américain. Son secrétaire d’Etat, Marco Rubio, a assuré que de « nouvelles informations » pourraient intervenir ce dimanche.

Un accord en plusieurs phases ?

Plusieurs médias américains et iraniens ont indiqué que le mémorandum établissait un cadre pour mettre fin à des mois de combats, lever le blocus américain sur la navigation iranienne et rouvrir la voie maritime, que l’Iran a fermée en menaçant d’attaquer les navires.

Des sources ont indiqué que le cadre proposé se déroulerait en trois étapes : « la fin officielle de la guerre, le règlement de la crise dans le détroit d’Ormuz et l’ouverture d’une fenêtre de 30 jours pour des négociations sur un accord plus large, qui pourrait être prolongée ».

Déblocage du détroit d’Ormuz

L’accord en cours de négociation, sous l’égide du Pakistan, permettrait de rouvrir le détroit, a assuré Donald Trump – sans toutefois donner plus de détails à ce sujet. Deux sources pakistanaises ont indiqué que, selon le mémorandum, le détroit serait ouvert immédiatement après la levée du blocus américain.

Mais l’agence iranienne Tasnim déclare de son côté que toute modification de la navigation dans le détroit d’Ormuz était conditionnée à la mise en œuvre d’autres engagements de la part des États-Unis. Parmi les possibles revendications : le dégel de certains fonds iraniens bloqués au niveau mondial – 25 milliards de dollars au total. Selon le média américain Axios, l’autorisation pour l’Iran de vendre son pétrole librement pourrait également faire partie des points de négociation.

Uranium enrichi

C’est une question majeure du conflit. Ces dernières semaines, Donald Trump et ses conseillers ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’accepteraient aucun accord qui n’aborderait pas la question nucléaire. L’Iran nie depuis longtemps développer de telles armes, et affirme avoir le droit d’enrichir l’uranium à des fins civiles – bien que le niveau de pureté atteint dépasse largement celui nécessaire à la production d’électricité.

Les plans concernant le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran, que Washington exige qu’il abandonne, devraient faire l’objet de négociations dans un délai de 30 à 60 jours. Samedi, deux responsables américains au fait des négociations ont déclaré au New York Times que l’Iran avait accepté, en principe, de se départir de son stock d’uranium hautement enrichi.

Or, côté iranien on assure que le dossier nucléaire n’est pas inclus dans le protocole d’accord. Une source iranienne de haut rang a déclaré que Téhéran n’a pas accepté de céder ses stocks d’uranium hautement enrichi. « La question nucléaire sera abordée lors des négociations en vue d’un accord définitif et ne fait donc pas partie de l’accord actuel. Aucun accord n’a été conclu concernant l’expédition hors du pays des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran », précise cette source.

Dimanche, le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé que le pays était prêt à rassurer le monde, en lui affirmant que Téhéran ne cherche pas à acquérir des armes nucléaires. Mais il a ajouté que l’équipe de négociation iranienne ne ferait aucun compromis lorsqu’il s’agit « de l’honneur et de la dignité de l’Iran ».

Front au Liban

L’agence de presse iranienne Fars a indiqué que le projet stipule également que les États-Unis et leurs soutiens s’engagent à ne pas attaquer l’Iran ni ses alliés, et qu’en retour, l’Iran s’engage à ne pas lancer d’attaques préventives contre eux.

Cependant, Benny Gantz, homme politique israélien de premier plan, a récemment déclaré que ce serait une erreur stratégique pour Israël d’accepter un cessez-le-feu au Liban, où ses troupes combattent le Hezbollah, milice soutenue par l’Iran.

On ne sait pas non plus ce qu’il adviendra de l’arsenal de missiles iraniens, un enjeu crucial pour Israël et les pays du Golfe, situé à portée de nombreux missiles balistiques. Au début du conflit, l’administration Trump avait déclaré que l’Iran devrait renoncer à ses missiles ou en limiter la portée.

Et ensuite ?

Selon une source iranienne de haut rang, si le Conseil suprême de sécurité nationale iranien approuvait le mémorandum, celui-ci serait transmis au Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, pour approbation finale.

Un accord consolidant le cessez-le-feu fragile actuel soulagerait les marchés, mais n’apaiserait pas immédiatement la crise énergétique mondiale, qui a fait grimper les prix du carburant, des engrais et des denrées alimentaires. Il faut s’attendre à ce que le trafic maritime dans le détroit prenne plusieurs semaines pour redémarrer.

Le contexte reste néanmoins tendu. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que les forces armées iraniennes avaient reconstitué leurs capacités pendant le cessez-le-feu et que, si les États-Unis reprenaient la guerre, les conséquences seraient « plus fortes et plus amères » qu’au début du conflit.



Source link : https://www.lexpress.fr/monde/proche-moyen-orient/accord-iran-usa-reouverture-dormuz-uranium-a-quoi-faut-il-sattendre-VDL7WJK6YBCGVH6A7BECC4T6OY/

Author :

Publish date : 2026-05-24 14:48:00

Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.

Tags : L’Express
Quitter la version mobile