Benyamin Netanyahou avait prévenu : « Nous allons intensifier les coups et leur puissance et nous allons écraser le Hezbollah », a déclaré le Premier ministre israélien, lundi 25 mai au soir. Ce n’étaient effectivement pas des paroles en l’air. Depuis trois jours, l’armée israélienne bombarde de nombreuses localités dans le sud du Liban. Mardi 26 mai, plus d’une centaine de frappes ont ciblé les régions de Nabatiyé et Tyr, deux bastions du Hezbollah, et la vallée de la Bekaa dans l’est du pays, faisant 31 morts. Depuis la reprise de la guerre entre Israël et le Hezbollah, le 2 mars dernier, plus de 3 200 personnes sont mortes selon le ministère de la Santé libanais.
Sur ordre de Tsahal, la grande ville du sud du Liban, Nabatiyé, a dû être évacuée pour la première fois depuis le 17 avril et la conclusion du cessez-le-feu entre Israël et le Liban sous l’égide des Etats-Unis. Un cessez-le-feu qui ressemble de plus en plus à une coquille vide, tant les bombardements israéliens et les attaques menées par le Hezbollah restent quotidiens. Le mouvement chiite libanais mentionnait, mercredi 27 mai, « des affrontements directs avec les forces ennemies » alors que, jeudi 28 mai, la ville de Tyr au Liban a été de nouveau visée par des frappes d’Israël, ainsi que la ville portuaire de Saïda.
Possible accord entre les Etats-Unis et l’Iran
Mais l’escalade des derniers jours traduit un possible tournant dans le conflit au Moyen-Orient. Les Etats-Unis et l’Iran pourraient prochainement conclure un accord pour mettre un terme aux hostilités. La République islamique y inclurait aussi un arrêt des combats sur le front libanais, ce qui profiterait au Hezbollah. Ses attaques de drones explosifs guidés par fibre optique ont durement touché l’armée israélienne, tuant plusieurs de ses soldats depuis la reprise des affrontements.
La milice pro-iranienne pourrait alors ressortir plutôt renforcée de cette guerre. Benyamin Netanyahou n’obtiendrait pas son désarmement, contraint jusque-là par le président américain Donald Trump de signer le cessez-le-feu en avril, puis interdit de bombarder la banlieue sud de la capitale libanaise Beyrouth, où le Hezbollah s’est retranché. Une frappe israélienne a tout de même ciblé Beyrouth ce jeudi 28 mai.
Or, par cette offensive, le Premier ministre israélien espère dissocier les deux fronts, iranien et libanais, et se libérer des chaines de Washington en vue de terminer le travail de désarmement du mouvement chiite, par la force. Pour Tel Aviv, l’Etat libanais est en effet incapable de remplir cette tâche.
Des opérations terrestres au-delà de la « ligne jaune »
Sur le terrain, Tsahal tente donc de maximiser ses positions. Mardi 26 mai, elle a étendu ses opérations terrestres contre le Hezbollah au-delà de la « ligne jaune », qui délimite la zone tampon occupée par les soldats israéliens dans le sud du territoire libanais. La région libanaise au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière israélienne, est également considérée comme une « zone de combat » par l’armée israélienne, a-t-elle fait savoir mercredi 27 mai.
Les intenses bombardements israéliens permettent aussi à Tel-Aviv d’arriver en position de force aux prochaines sessions de négociation avec Beyrouth prévues à Washington les 2 et 3 juin et précédées d’une réunion militaire le vendredi 29 mai. Une opportunité pour Tsahal de réaffirmer sa volonté d’une opération commune avec l’armée libanaise contre le Hezbollah, ce que cette dernière refuse.
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Publish date : 2026-05-28 16:37:00
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