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Comment la Cour suprême est devenue la meilleure alliée de Trump pour les élections de mi-mandat

Comment la Cour suprême est devenue la meilleure alliée de Trump pour les élections de mi-mandat

Ce sont deux décisions qui pourraient encore accentuer l’avantage que n’a cessé de procurer la Cour suprême au Parti républicain ces derniers mois. Dans le premier, les neuf juges – six ont été nommés par un président républicain, trois par un démocrate – se prononceront sur la légalité d’une pratique liée au vote par correspondance : l’acceptation d’un bulletin dans les cinq jours suivant le jour de l’élection pourvu qu’il soit tamponné par la poste du jour de l’élection (ou avant). Quatorze Etats acceptent et prennent en compte ces bulletins de vote. Le vote par correspondance fait l’objet d’une campagne de dénigrement de la part de Donald Trump depuis son élection perdue en 2020, et le milliardaire fait tout pour en réduire la portée.

Le Comité national démocrate a mis en garde contre des « conséquences désastreuses » si la Cour suprême donnait raison aux républicains sur cette question. Selon lui, imposer aux Etats une date limite au jour du scrutin pour la réception des bulletins de vote par correspondance pourrait priver de leur droit de vote des millions d’électeurs, « notamment les militaires en service loin de chez eux, les citoyens résidant à l’étranger, les électeurs des zones rurales, les personnes âgées et handicapées, ainsi que les électeurs ne disposant pas de moyens de transport fiables ». Lors des élections présidentielles de 2024, 37 % des électeurs démocrates avaient déclaré avoir voté par correspondance, contre 24 % des républicains.

Une douzaine de sièges en plus pour les républicains

L’autre dossier a trait aux dépenses de campagne. Les républicains cherchent à affaiblir les restrictions légales concernant le financement des campagnes électorales des candidats par les partis qui les soutiennent. Ils affirment que ces restrictions enfreignent les garanties prévues par le premier amendement de la Constitution, qui protège la liberté d’expression contre toute atteinte de la part du gouvernement. Le vice-président J.D. Vance se présentait au Sénat dans l’Ohio en 2022 lorsque d’autres candidats lui ont intenté un procès sur la base de ces restrictions, qui ont été depuis confirmées par une cour d’appel.

Les républicains sortiraient grands gagnants d’une levée de ces limites de financement, pour la simple raison que leurs ressources financières sont plus abondantes : les trois principaux comités du parti – le Comité national républicain, le Comité national républicain du Congrès et le Comité national républicain du Sénat – ont clôturé le mois d’avril avec 251 millions de dollars de liquidités et aucune dette, contre 125 millions de dollars pour leurs homologues démocrates, qui affichaient une dette de plus de 17 millions de dollars.

Sondages inquiétants pour Trump

Les décisions seront rendues d’ici à la fin juin mais leur application pour les midterms de novembre n’est pas garantie. La Cour suprême a déjà donné un avantage considérable aux républicains en abolissant le redécoupage électoral en faveur des minorités ethniques, un acquis du mouvement pour les droits civiques. Cette simple décision permettrait aux républicains de gagner une douzaine de sièges à la Chambre des représentants.

Dans le détail, grâce aux redécoupages électoraux jusqu’ici validés par la Cour suprême, le Texas enverrait à la Chambre cinq représentants en plus, la Floride de quatre à cinq ; le Missouri, la Caroline du nord, l’Ohio et le Tennesse un ; côté démocrate, les gains ne seraient que de cinq représentants en Californie, et d’un dans l’Utah. Le parti de Kamala Harris espérait en ajouter plusieurs en Virginie mais la Cour suprême de l’Etat a invalidé son redécoupage électoral, et a été suivie en cela par la Cour suprême. Donald Trump s’était aussitôt félicité d’une « énorme victoire » pour son parti et « pour l’Amérique ».

Reste à savoir si cette tambouille électorale sera suffisante face à des sondages préoccupants pour le locataire de la Maison-Blanche : 63 % des personnes interrogées par Yougov estiment que la situation économique du pays s’est dégradée, 55 % que leur propre situation financière s’est dégradée. Surtout, 58 % sont mécontents de l’action du président, soit 18 points de plus qu’au lendemain de son investiture. Toutes catégories confondues, selon un sondage du New York Times, la moitié des interrogés estime désormais pencher du côté démocrate, contre seulement 39 % du côté républicain.



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Publish date : 2026-05-31 15:21:00

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