Un conflit qui s’enlise, une armée qui perd du terrain et subit de lourdes pertes, une parade du 9-Mai inhabituellement sobre renvoyant l’image d’un Kremlin fragilisé, une économie en difficulté… La guerre en Ukraine expose chaque jour davantage les faiblesses de la Russie. Mais attention à ne pas confondre la faiblesse apparente de l’Etat russe avec une vulnérabilité imminente du régime de Vladimir Poutine, avertit Maksym Beznosiuk, chercheur associé au think tank GLOBSEC et analyste à la Jamestown Foundation. Pour deux raisons, selon lui. D’abord, si les Occidentaux ont surestimé la sagesse stratégique du maître du Kremlin, ils ont dans le même temps sous-estimé la résilience coercitive du système qu’il a mis en place. D’autre part, un Vladimir Poutine affaibli en Ukraine pourrait se révéler plus dangereux que jamais, tant cette guerre est devenue un élément central de la survie de son régime.
La Russie étant aujourd’hui à la peine en Ukraine, elle se tourne vers les outils qu’elle maîtrise le mieux : la désinformation, la propagande et les opérations hybrides, qui vont monter en puissance tant par leur fréquence que par leur violence, prévient Maksym Beznosiuk dans un entretien accordé à L’Express. Actions de sabotage, attaques contre des infrastructures critiques, complots d’assassinat… « Moscou mène une expérience en temps réel pour tester jusqu’où l’Europe est prête à tolérer la pression ».
L’Express : En quoi l’apparente faiblesse actuelle de Vladimir Poutine peut-elle être trompeuse ?
Maksym Beznosiuk : Elle l’est si l’on part du principe que cette faiblesse signifie automatiquement un effondrement du régime de Poutine. Certes, celui-ci a subi d’énormes dommages sur les plans militaire, économique et réputationnel, mais il a également su s’adapter. Depuis 2022, Poutine a mis en place un système qui s’apparente davantage à un régime de survie en temps de guerre. La Russie n’est plus gouvernée comme un Etat autoritaire classique s’appuyant principalement sur la prospérité et le consensus des élites. Le système a été restructuré autour du contrôle. Les élites sont fragmentées, la contestation est criminalisée, les économies régionales sont de plus en plus liées aux dépenses militaires, et les services de sécurité comme le FSB ont été renforcés. Le régime de Poutine demeure stable parce que les opposants potentiels sont surveillés, fragmentés et désarmés.
Le danger est donc que les observateurs occidentaux confondent faiblesse visible et vulnérabilité imminente. Un Poutine affaibli peut malgré tout être dangereux précisément parce qu’il pourrait s’appuyer encore plus sur la répression, l’escalade et la guerre hybride pour préserver le système. Autrement dit, la Russie est peut-être plus faible en tant qu’Etat, mais le régime de Poutine pourrait encore être capable d’absorber la pression de la guerre avec l’Ukraine et de faire peser de nouvelles menaces sur celle-ci et l’Europe.
Ancien officier de la CIA, Sean Wiswesser estimait récemment dans L’Express que le régime de Vladimir Poutine a été conçu pour résister à des moments comme celui-ci. Partagez-vous son point de vue ?
Oui. Le système de Poutine est expressément conçu pour résister à une pression soutenue, et non pour gouverner efficacement ou assurer la prospérité du pays. Il est fait pour empêcher toute coordination et toute dissidence à l’encontre de Poutine. Il divise les élites, rend la dissidence plus coûteuse et fait de la loyauté envers le Kremlin une condition de survie personnelle.
Les Européens doivent forcer Moscou à internaliser les coûts de sa propre agression
La mutinerie de Wagner en juin 2023 est un exemple très significatif. Elle a mis en évidence une réelle faiblesse au sein de l’Etat russe, mais elle a également démontré la résilience du système de Poutine. Aucune institution majeure de sécurité n’a fait défection, aucune autorité régionale n’a rejoint Prigojine et aucune coalition d’élites ne s’est ouvertement opposée à Poutine. Le coup d’Etat a échoué parce que personne n’était disposé à se coordonner. Néanmoins, ce système devient plus rigide, plus coûteux et plus fragile. Il peut survivre aux chocs, mais seulement en renforçant la répression et le contrôle. Cela peut fonctionner à court terme, mais avec le temps, cela risque de réduire la marge d’erreur du régime.
Selon vous, l’objectif de l’Occident devrait être de pousser progressivement le système russe vers une forme d’épuisement interne. Une telle stratégie vous paraît-elle réaliste ?
Oui, mais seulement si on la considère comme une stratégie à long terme ; l’objectif ne doit pas être d’espérer un coup d’Etat soudain ou un effondrement immédiat. Le plus réaliste consiste à augmenter progressivement le coût du modèle de Poutine : économie de guerre, occupation, répression interne, mobilisation militaire et confrontation avec l’Occident. L’Ukraine est au cœur de cette stratégie. Tant qu’une Ukraine souveraine et armée existera à la frontière de la Russie, Poutine sera contraint de maintenir le modèle coûteux de la « forteresse Russie ». Cela signifie plus de dépenses, plus de répression, plus de pression sur l’économie et une plus grande dépendance à l’égard de la coercition interne. En ce sens, l’Ukraine n’est pas un fardeau pour la sécurité européenne, mais le principal moteur de l’endiguement de la Russie.
L’Occident doit cesser d’attendre qu’une Russie d’après-guerre bien ordonnée émerge par le seul biais de négociations. La meilleure approche consiste à soutenir l’Ukraine, en reconstruisant la défense européenne et en forçant Moscou à internaliser les coûts de sa propre agression.
Parce que la Russie montre des signes de faiblesse en Ukraine, « les dirigeants occidentaux doivent se préparer à une phase potentiellement encore plus dangereuse de leur confrontation avec le Kremlin », alertez-vous. Où se situe le plus grand danger ?
Une Russie affaiblie pourrait compenser ses limites conventionnelles en procédant à une escalade horizontale. Si Moscou ne parvient pas à remporter une victoire décisive en Ukraine, elle pourrait intensifier ses actes de sabotage, ses cyberattaques, ses ingérences électorales, ses opérations d’influence, ses attaques contre les chaînes logistiques, ses perturbations maritimes et ses pressions sur les infrastructures critiques à travers l’Europe. Cette année pourrait être marquée par une très forte augmentation de ces attaques. Au cours des deux dernières années déjà, leur nombre a explosé. Et la tendance s’est poursuivie en 2025. En témoigne notamment la tentative de déclencher une panne électrique de grande ampleur en Pologne à la veille du Nouvel an. Le blackout a été évité de justesse, mais si cela avait réussi, un demi-million de personnes se seraient retrouvées sans chauffage.
Le plus grand danger se situe donc en deçà du seuil de la guerre ouverte. Le Kremlin comprend que l’Otan est très forte en matière de dissuasion conventionnelle, mais beaucoup moins cohérente lorsqu’il s’agit de faire face à des agressions qui restent en dessous du seuil du conflit armé. La Russie exploite la zone grise entre la criminalité, l’espionnage, le sabotage et la guerre. Cela permet à Moscou d’imposer des coûts tout en évitant une confrontation militaire directe. Le danger ne réside donc pas seulement dans des chars russes franchissant une frontière de l’Otan. Il s’agit d’une campagne de guerre hybride soutenue, conçue pour fracturer la volonté politique européenne, affaiblir le soutien à l’Ukraine et faire en sorte que les sociétés européennes se sentent en permanence vulnérables. L’Europe n’imposant pas de coûts directs, la Russie est de plus en plus susceptible de continuer à utiliser sa panoplie d’outils hybrides.
Jusqu’où cette guerre hybride contre l’Europe peut-elle aller ?
La campagne hybride menée par la Russie contre l’Europe devient de plus en plus dangereuse, décentralisée et violente. Il ne s’agit plus seulement de cyberattaques ou de propagande médiatique. Le Kremlin recourt de plus en plus au sabotage, à l’intimidation, à la violence dissimulée, aux perturbations maritimes, à l’ingérence électorale et aux attaques contre les infrastructures critiques. Moscou utilise ces moyens car ils sont peu coûteux, permettent de nier toute implication et restent en deçà du seuil d’une guerre directe avec l’Otan.
Un point important est le recours croissant à des intermédiaires, à des agents « jetables » et à des structures criminelles. Les réseaux russes recrutent de plus en plus d’individus via des canaux Telegram, des cercles criminels et des intermédiaires informels pour mener des actions de sabotage, des incendies, voire des complots d’assassinat. Depuis que les expulsions intervenues après 2022 ont affaibli l’infrastructure traditionnelle d’espionnage de Moscou en Europe, le Kremlin s’est adapté en s’appuyant davantage sur des acteurs dont on peut nier l’implication et sur des réseaux criminels.
Sur le plan stratégique, le Kremlin souhaite que les Européens se sentent psychologiquement épuisés et vulnérables. L’objectif n’est pas seulement de causer des dommages matériels, mais de créer une incertitude permanente : affaiblir le soutien à l’Ukraine (NDLR : les pays de l’Otan soupçonnent la Russie de tenter de détourner des drones ukrainiens vers les pays baltes, dans le but de diviser les soutiens de Kiev), aggraver la polarisation, détourner l’attention des services de sécurité et convaincre les Européens que la confrontation avec la Russie comporte des risques insupportables. L’Europe peut réagir, mais seulement si elle traite le sabotage comme une activité menée par un Etat hostile plutôt que comme un crime isolé.
À vous entendre, on finirait presque par penser qu’un Poutine en échec militaire en Ukraine pourrait se révéler encore plus dangereux qu’un Poutine victorieux…
Ne vous méprenez pas : un Poutine victorieux serait certainement dangereux, car ce succès validerait l’agression et encouragerait à exercer davantage de pression sur l’Europe. Celle-ci pourrait se retrouver face à un adversaire bien plus hostile et instable à ses frontières.
L’Europe a besoin d’une doctrine de dissuasion hybride
Cependant, un Poutine confronté à l’échec pourrait être davantage incité à intensifier, détourner l’attention et élargir la confrontation. La raison en est que Poutine a lié sa légitimité à la guerre. Il l’a présentée comme une lutte historique contre l’Ukraine et l’Occident, et non simplement comme une campagne militaire limitée. Si la guerre commence à ressembler à une défaite stratégique, il ne peut pas facilement admettre son échec sans nuire au discours central de son régime. C’est pourquoi les décideurs politiques occidentaux ne devraient pas supposer que la faiblesse militaire russe conduirait automatiquement Poutine à se montrer disposé à négocier et à trouver un accord en Ukraine. Elle pourrait au contraire produire davantage de signaux nucléaires, davantage de répression intérieure, davantage d’attaques hybrides contre l’Europe et une intensification de la guerre totale contre les infrastructures ukrainiennes.
Quels éléments indiquent que Vladimir Poutine a fait de cette guerre un enjeu vital pour la survie de son régime ?
Cela se voit clairement dans la manière dont la Russie s’est réorganisée autour de la guerre. Une grande partie de l’économie est désormais liée à la production de défense et aux dépenses militaires. Les régions les plus pauvres sont achetées à coups de primes d’enrôlement, de salaires militaires et de contrats de défense. La société urbaine est mise sous pression par la fiscalité, la surveillance et la répression.
Le Kremlin a également piégé les élites au sein de cette architecture de guerre. Les restrictions de voyage, les pressions sur les avoirs, les poursuites judiciaires et l’érosion de l’immunité informelle rendent toute fuite de plus en plus dangereuse. La guerre justifie le système de Poutine. L’agression extérieure et la répression intérieure ne sont plus des phénomènes distincts, mais deux expressions d’une même logique politique. Cela devrait amener l’Otan à repenser sa stratégie. Si le conflit perpétuel est devenu une condition structurelle de la stabilité du régime de Poutine, alors l’Otan a besoin d’un endiguement à long terme : des défenses renforcées sur le flanc est, une capacité industrielle de défense européenne, un soutien permanent à l’Ukraine et des réponses crédibles à l’escalade hybride.
L’Europe et l’Otan vous semblent-elles avoir suffisamment pris la mesure du danger ?
L’Europe est davantage consciente de la menace hybride russe qu’auparavant, mais cette prise de conscience reste inégale. Les pays d’Europe de l’Est et du Nord considèrent souvent cette guerre hybride comme une menace immédiate pour leur sécurité. Certains Etats d’Europe occidentale et méridionale continuent de traiter le sabotage, les cyberattaques et la manipulation de l’information comme des problèmes secondaires ou isolés. L’Europe a besoin d’une doctrine de dissuasion hybride. Cela implique des seuils de réaction clairs, un renforcement du contre-espionnage, une attribution plus rapide des attaques, une meilleure protection des infrastructures critiques, la sécurité des élections, la résilience des médias et une planification conjointe entre l’Otan et l’UE. Le sabotage au sein de l’Europe devrait être traité comme une activité d’Etat hostile, et non pas simplement comme des affaires de police.
Pour mener une guerre d’usure en Ukraine, le Kremlin est en train de mettre en gage des pans de son empire extérieur
L’Europe doit être prête à imposer des coûts directs et asymétriques par le biais de nouvelles sanctions, d’un renforcement militaire plus robuste et d’une augmentation des dépenses militaires, ou de nouvelles réductions du personnel « diplomatique » russe dans toute l’UE. L’inaction permet au sabotage russe de perturber les chaînes d’approvisionnement, à la subversion d’affaiblir la cohésion politique et à la coercition de ralentir la prise de décision précisément au moment où la clarté stratégique est la plus nécessaire. La véritable vulnérabilité des Européens réside dans la volonté politique. Moscou mène une expérience en temps réel pour tester jusqu’où l’Europe est prête à tolérer la pression avant de réagir sérieusement. Si la Russie conclut que l’Europe se contentera principalement de déclarations et de sanctions symboliques, l’escalade hybride se poursuivra. La dissuasion ne fonctionne que si l’Europe est prête à imposer des coûts.
Ces quatre dernières années, les Occidentaux ont eu de nombreuses raisons de penser que le régime de Vladimir Poutine s’affaiblissait. Pourtant, il est toujours en place…
L’Occident a sous-estimé la capacité de Poutine à survivre aux conséquences de ses propres échecs politiques et militaires. De nombreux responsables politiques et experts s’attendaient à ce que les sanctions, les revers sur le champ de bataille, la frustration des élites ou la mutinerie de Wagner entraînent une déstabilisation rapide. Au lieu de cela, le Kremlin s’est adapté en recourant à la répression, à la surveillance, à la fragmentation des élites et à une redistribution économique en temps de guerre. Nous avons surestimé la sagesse stratégique de Poutine, mais sous-estimé la résilience coercitive du système qu’il a mis en place. La Russie de Poutine peut commettre de terribles erreurs stratégiques tout en restant dangereuse, car comme je vous le disais, le régime est conçu pour empêcher toute opposition coordonnée.
Les Européens envisageraient de faire appel à Angela Merkel ou Mario Draghi pour renouer le dialogue avec Vladimir Poutine, selon le Financial Times. Que pensez-vous d’une éventuelle réouverture d’un canal de dialogue avec la Russie ?
Le problème n’est pas le dialogue en soi, mais un dialogue sans moyen de pression. Si Moscou interprète la réouverture d’un canal de discussion comme un retour à la normale de la part de l’Europe, cela reviendrait à récompenser l’agression et à affaiblir la position de l’Ukraine.
Merkel reste associée à l’ancienne politique allemande vis-à-vis de la Russie. Draghi pourrait être perçu comme plus technocratique. Mais le nom importe moins que le mandat. Tout canal doit être coordonné avec l’Ukraine et s’inscrire dans une stratégie de dissuasion plus large. L’Europe devrait négocier en position de force, et non par fatigue. Si dialogue il y a, il doit servir à gérer les risques et à tester les intentions, et non à légitimer Poutine ou à donner l’impression que la Russie peut bombarder, saboter, occuper l’Ukraine et être tout de même accueillie à nouveau aux négociations. Mais de toute façon, je ne pense pas que Poutine soit prêt à parler avec des dirigeants européens. Il cherche toujours à traiter directement avec les Etats-Unis.
Justement, les Européens peuvent-ils encore espérer compter sur les Etats-Unis ?
Aucun Etat européen ne peut se substituer pleinement à la puissance militaire américaine, mais l’Europe ne peut plus fonder sa stratégie vis-à-vis de la Russie sur l’hypothèse d’une cohérence politique permanente de la part des Etats-Unis. Sous l’influence de Trump, la politique américaine s’est davantage polarisée, et les futures administrations pourraient se concentrer davantage sur la région indo-pacifique et réduire encore davantage leur engagement et leur présence en Europe. Cette incertitude implique que l’Europe assume une part beaucoup plus importante de la charge.
Cela ne veut pas dire pour autant abandonner l’Otan, mais plutôt construire un pilier européen plus solide au sein de l’Alliance. L’Europe a besoin de renforcer sa production de munitions, sa défense aérienne, ses capacités de frappe à longue portée, sa mobilité militaire, la coordination du renseignement et son autonomie industrielle en matière de défense. L’autonomie stratégique devrait signifier une dépendance excessive réduite, et non une séparation d’avec les Etats-Unis.
Selon vous, la guerre en Ukraine accélère le recul géopolitique de la Russie sur la scène internationale. Restera-t-elle comme la grande erreur stratégique de Vladimir Poutine ?
C’est très probable. Poutine a lancé l’invasion pour rétablir la puissance impériale russe, affaiblir l’Ukraine, diviser l’Occident et forcer l’Otan à battre en retraite. Or, dans les faits, l’Ukraine s’est davantage unifiée, l’Otan s’est élargie et l’Europe a entamé un processus de réarmement. La guerre a également imposé des coûts énormes à la Russie. Moscou a subi des pertes humaines considérables, a perdu l’accès aux technologies occidentales de pointe, est devenue plus dépendante de la Chine et s’est enfermée dans une confrontation prolongée dont elle ne peut pas facilement se sortir.
Même si la Russie continue d’occuper le territoire ukrainien, l’équilibre stratégique global est moins favorable à Moscou qu’il ne l’était avant 2022. La Russie a pris le contrôle de nombreux territoires, mais a perdu sa flexibilité stratégique, la possibilité d’une modernisation économique et son influence sur une grande partie de l’Europe et de l’Eurasie.
Pour mener une guerre d’usure en Ukraine, le Kremlin est en train de mettre en gage, en quelque sorte, des pans de son empire extérieur. La guerre coûte à la Russie son influence à l’étranger, du Caucase du Sud à certaines régions du Moyen-Orient et d’Afrique. Le paradoxe est que Poutine a lancé la guerre pour restaurer la puissance impériale russe, mais qu’il pourrait bien être en train d’assister à ce que l’on pourrait appeler une « grande liquidation » de l’influence russe.
Les Européens peuvent-ils tirer parti de ce recul géopolitique ?
Cela crée une opportunité stratégique pour l’Europe, mais celle-ci ne l’a pas pleinement saisie. Elle devrait se montrer plus active dans les régions où l’influence de Moscou s’affaiblit, en particulier en Asie centrale et dans les Balkans occidentaux. Sinon, l’Europe risque de manquer une fenêtre stratégique limitée pour transformer le retrait de la Russie en une architecture européenne de sécurité et de connectivité plus durable.
Source link : https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/un-poutine-affaibli-est-un-poutine-encore-plus-dangereux-la-mise-en-garde-de-maksym-beznosiuk-TTLJTGNXK5GD5OBJS5YXYFIYJE/
Author : Laurent Berbon
Publish date : 2026-05-31 05:45:00
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