En dépit de la promesse aguicheuse de son titre, c’est d’abord un passionnant dialogue intergénérationnel sur les mutations technologiques en cours. Dans Vivre 1 000 ans (Buchet-Chastel), Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos confrontent leurs points de vue sur l’IA, la longévité ou la peur grandissante d’une « apocalypse des emplois ». Le premier, 65 ans, est un entrepreneur multidiplômé (chirurgien, énarque et MBA d’HEC) qui a fait fortune dans l’économie numérique et affiche sa peur de rater une révolution scientifique du fait de son âge. Le second, 25 ans, est un blogueur tech qui ne cache pas son inquiétude face à l’obsolescence programmée du cerveau humain.
Pour L’Express, Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos expliquent en quoi l’IA change notre rapport au temps et comment elle pourrait faire reculer nos limites biologiques. Ils analysent aussi l’opposition grandissante chez les jeunes contre cette technologie, et déplorent l’incompétence d’une majeure partie de la classe politique française sur le sujet.
L’Express : Vous écrivez que l’un de vous, Laurent, va mourir, l’autre, Alexandre, pas forcément. Êtes-vous sérieux ?
Laurent Alexandre : La Silicon Valley est convaincue que l’euthanasie de la mort a débuté. Dario Amodei fondateur de Claude, le principal concurrent de ChatGPT, et Elon Musk et ont affirmé que l’espérance de vie va doubler dans les dix prochaines années. Demis Hassabis patron des IA chez Google et Prix Nobel de chimie affirme qu’avant 2040 toutes les maladies seront guéries et que le vieillissement sera arrêté grâce à la super IA.
Donc, nous ne sommes probablement pas du même côté de l’histoire biologique. Moi, j’ai grandi dans un monde où la mort était l’horizon non négociable. Elle donnait à la vie son rythme, son urgence et sa dureté. Il fallait se former, travailler, transmettre, puis sortir de scène. Alexandre appartient à une génération qui pourrait bénéficier d’une médecine pilotée par l’IA permettant un recul rapide de la mort.
La différence entre nous n’est donc pas seulement quarante ans d’âge. Elle est cognitive, technologique et presque métaphysique. Une partie de l’humanité mourra peut-être juste avant que la médecine ne change d’âge. Une autre vivra assez longtemps pour voir la mort devenir non plus une fatalité sacrée, mais un bug corrigeable par les ingénieurs comme l’affirme Elon Musk.
La grande thèse de votre livre, c’est que nous serions passés d’un monde de la rareté, notamment en matière de temps et d’intelligence, à celui de l’abondance. Pourquoi ?
L.A. Parce que toute notre civilisation s’est organisée autour de deux raretés : l’intelligence et le temps. L’intelligence était rare. Il fallait trente ans pour fabriquer un bon médecin, un bon ingénieur ou un bon juriste. C’est pour cela que le diplôme valait quelque chose : il signalait qu’un individu avait traversé une longue sélection cognitive.
L’IA détruit cette rareté. Elle met une puissance cognitive considérable entre les mains de chacun. L’intelligence cesse d’être seulement logée dans des cerveaux biologiques lentement formés. Elle devient une industrie, stockée dans des data centers et disponible à la demande. Demis Hassabis résume bien la transformation liée à l’IA : 10 fois plus puissant que la révolution industrielle en 10 fois plus rapide.
Le temps aussi change de statut. Jusqu’ici, nos vies étaient courtes et lisibles : enfance, études, carrière, retraite puis mort. Mais si la médecine ralentit fortement le vieillissement, si elle maintient le cerveau alors le calendrier humain est bouleversé. Que signifient encore les études à 20 ans, la retraite à 65 ans, la carrière unique et le couple conçu pour une vie courte ?
Mais l’abondance n’est pas une utopie douce. C’est un choc. Quand l’intelligence devient abondante, le mérite vacille. Quand le temps devient abondant, les générations se bousculent et la vie devient un archipel. Quand le travail humain n’est plus nécessaire à la production de valeur, il faut réinventer la dignité. C’est bien le cœur de l’encyclique du pape Léon XIV sur l’IA : la dignité humaine ne peut se mesurer par nos capacités intellectuelles au moment où l’IA nous dépasse. Nous avons une Ferrari civilisationnelle, mais encore un code de la route pour les charrettes.
En quoi vos deux générations portent-elles un regard très différent sur les promesses et les craintes liées à l’IA?
Alexandre Tsicopoulos : Ce livre naît d’un désaccord générationnel. Un décalage de regard sur ce que l’IA fait au monde. Laurent Alexandre, 65 ans, regarde l’IA en bâtisseur. Il y voit la fin programmée des grandes maladies, l’éradication du cancer, la victoire sur Alzheimer et le décodage du vieillissement. Pour lui, ralentir l’IA, c’est condamner des millions de vies. Son angoisse dominante est celle du déclin cognitif. Sa promesse, c’est la délivrance médicale. Moi j’ai 25 ans je regarde l’IA autrement. Je vois la promesse mais je vois aussi ce que l’IA fait à ma génération, ici et maintenant. Précarité, compétition permanente et recul de l’emploi chez les juniors. Ma peur n’est pas de mourir. C’est celle d’être déclassé. Rester intact biologiquement et socialement mort. Laurent raisonne en ingénieur transhumaniste. Il pousse les frontières, parce qu’il a peur de mourir avant la mort de la mort comme un explorateur qui meurt de soif à 100 mètres de l’oasis. Je raisonne en gardien du supportable. Je veux une société vivable, pas une puissance maximale. Il croit que la vitesse sauvera l’humanité. Je crains qu’elle n’écrase ma génération. Nos deux peurs sont légitimes. La sienne est métaphysique : ne pas voir le futur. La mienne est sociale : ne pas y avoir de place.
Les « prophètes » de l’IA ont l’habitude de faire des annonces sensationnalistes, qu’elles soient optimistes ou apocalyptiques. Comme vous le souligniez, Dario Amodei, le PDG d’Anthropic, assure que nous allons doubler l’espérance de vie d’ici 2037 grâce à l’IA. Ces annonces ne servent-elles pas avant tout à vendre leur produit ?
L.A. Bien sûr qu’ils vendent leur produit. La Silicon Valley ne parle jamais seulement au nom de la vérité. Elle parle aux investisseurs, aux ingénieurs qu’elle veut recruter et aux gouvernements qu’elle veut impressionner. Les géants de l’IA dépensent 3 milliards de dollars en recherche et développement sur l’IA, chaque jour… Quand un patron de l’IA annonce que la biologie va être bouleversée, il vend aussi son entreprise. Les maîtres et prophètes de l’IA sont des prêtres avec un business plan.
Mais ce n’est pas parce qu’ils ont intérêt à dramatiser qu’ils ont tort sur le fond. Ces gens voient de près l’accélération des modèles, la compression du temps scientifique, l’entrée de la biologie dans l’âge de l’IA. L’exemple d’AlphaFold est spectaculaire : une IA peut résoudre en quelques semaines des problèmes biologiques qui auraient demandé 5.000 ans à la communauté scientifique mondiale. Ce n’est pas encore l’immortalité. Mais c’est déjà un changement du moteur scientifique.
Je ne prends donc pas 2037 comme une date biblique. Peut-être que ce sera plus lent, et plus chaotique. La biologie reste plus complexe que les présentations PowerPoint des sstart-upde la Silicon Valley. Mais l’idée centrale est juste : l’IA va accélérer la découverte biomédicale, explorer des hypothèses que l’esprit humain ne peut pas tester, modéliser des interactions moléculaires, concevoir des traitements et personnaliser la prévention. Elle va transformer la médecine de réparation en médecine d’anticipation.
L’espérance de vie plafonne aujourd’hui dans les pays riches. Dans Pourquoi mourrons-nous ?, le prix Nobel de chimie Venki Ramakrishnan montre quel les pistes en matière de longévité sont intéressantes (sénolytiques, déprogrammation cellulaire…), mais que l’âge de 110 ans reste une frontière biologique et que nul ne sait quand aura vraiment lieu une révolution majeure en la matière…
L.A. Venki Ramakrishnan a raison de rappeler cela. Il rend service au débat, parce qu’il empêche les transhumanistes de devenir des camelots. Aujourd’hui, personne ne sait fabriquer un humain de 150 ans en bonne santé. Les sénolytiques, la reprogrammation cellulaire, les thérapies géniques, tout cela est fascinant, mais encore loin d’un mode d’emploi clinique universel. Et il est vrai que la durée maximale observée de la vie humaine n’a pas explosé. Jeanne Calment reste notre Everest biologique. Mais il ne faut pas confondre prudence scientifique et résignation métaphysique. L’âge de 110 ou 120 ans est une frontière de la biologie humaine non radicalement modifiée par la Super IA. Ce n’est pas une loi de l’univers.
Dans le livre, nous expliquons pourquoi Jeanne Calment n’est pas un bon exemple. Imaginons un observateur en 1826. Il constate que personne n’a jamais dépassé 70 kilomètres à l’heure. On peut perfectionner les étriers, sélectionner les meilleurs étalons arabes, alléger les selles, optimiser l’alimentation des chevaux et améliorer les routes : jamais un cheval ne courra à 300 km/h. La conclusion semble définitive. Et elle l’est, tant qu’on reste dans le référentiel du cheval. Mais il a suffi de changer de moteur. La locomotive à vapeur n’a pas amélioré le cheval mais elle l’a rendu hors sujet. Et personne, en 1826, ne l’avait vue venir. C’est exactement ce qui se joue avec la longévité. Jeanne Calment est le meilleur cheval de l’histoire. Son record est le plafond absolu de la biologie humaine non assistée. Tant qu’on cherche à « mieux vieillir » dans le cadre biologique hérité (alimentation, exercice, sommeil, médecine préventive classique), le mur de Calment tient. On gagnera quelques années, pas quelques siècles.
Ce qui manquait jusqu’ici, c’était la puissance de calcul pour comprendre les mécanismes du vieillissement. Or cette puissance vient d’arriver. La super IA capable de modéliser le vieillissement cellulaire à une échelle inaccessible au cerveau humain change tout. Quand la recherche sur le vieillissement avançait à vitesse humaine, le mur de Calment tenait. Ce mur n’était pas biologique, il était cognitif. Et il va tomber.
On ne cherche plus à faire courir le cheval plus vite. On construit la locomotive. Reprogrammation épigénétique, élimination des cellules sénescentes, ingénierie tissulaire, médecine prédictive pilotée par des IA plus puissantes que des milliers de chercheurs réunis. Ce n’est plus de la médecine améliorée, c’est un changement de paradigme. Le record de Jeanne Calment ne sera pas battu. Il sera contourné.
La vraie réponse est donc double. Oui, Ramakrishnan a raison : nous ne savons pas quand aura lieu la révolution de la longévité, ni jusqu’où elle ira. Non, cela ne permet pas de conclure qu’elle n’aura pas lieu. Notre livre ne dit pas : préparez-vous à être immortels la semaine prochaine mais préparez-vous à un monde où la mort va perdre son statut d’évidence sacrée. Elle ne disparaîtra pas d’un coup. Elle sera grignotée grâce à la super IA.
La mort est la grande égalisatrice. Une société dans laquelle les humains peuvent vivre des centaines d’année renforcerait-elle les inégalités ? Y aurait-il un conflit de générations ?
A.T. L’idée est ancienne. Dans la Danse macabre du XVe siècle, la Mort attrape le roi, le marchand et le paysan avec la même indifférence. L’inégalité de la vie était censée être corrigée par l’égalité du tombeau. C’est faux. La mort n’a jamais égalisé. Elle a toujours frappé en premier les pauvres. En 2025, un cadre français vit en moyenne 6 ans de plus qu’un ouvrier. Ce que la mort égalise, ce n’est pas la vie. C’est seulement le point final. Mais ce point final commun garantissait la rotation. Les puissants finissaient par tomber. La biologie organisait l’alternance qu’aucune institution n’aurait osé imposer. L’allongement radical de la vie fait sauter ce verrou. Et là, l’inégalité change de nature.
Le premier risque est l’apartheid biologique. Les premiers bénéficiaires des thérapies de longévité seront les mieux assurés, les mieux informés et les mieux connectés au système de santé de pointe. Ceux qui occupent déjà les positions dominantes. Ils transformeront un avantage social en avantage temporel. L’inégalité ne portera plus seulement sur la richesse, mais sur les versions humaines. Certains accéderont à des corrections continues, des organes maintenus, des thérapies de rajeunissement. D’autres vivront dans le régime ancien, avec ses déclins. Une fracture qu’aucune redistribution fiscale ne peut combler. Le second risque est le conflit générationnel. La démocratie suppose l’alternance des électeurs et des élus. Le marché du travail suppose des départs. L’université suppose la succession des chaires. Toutes nos institutions reposent sur l’hypothèse implicite que les gens meurent. Retirez cette hypothèse. Les anciens ne quittent plus leur poste. Les jeunes deviennent une génération d’attente, condamnée à patienter derrière des carrières interminables. La gérontocratie de fait s’installe non parce que les vieux prennent le pouvoir, mais parce qu’ils ne le quittent plus. Trois sorties existent. Institutionnaliser le roulement des postes : limites de mandat, reconversions obligatoires, mobilité forcée. Multiplier les vies dans une vie : accepter le déplacement volontaire comme éthique nouvelle, quitter un pouvoir avant d’y être contraint. Élargir le terrain : créer plus d’espaces de contribution pour que chaque vie longue ne bloque pas une vie jeune. La mort n’a jamais été l’égalisatrice qu’on a prétendu mais elle était la régulatrice. Quand elle reculera, il faudra inventer ce que personne n’a jamais inventé : l’alternance sans la biologie.
En septembre 2025, les micros ont surpris par accident un dialogue étonnant entre Xi Jinping et Vladimir Poutine parlant d’immortalité et de biotechs. Faut-il craindre un monde dans lequel les dictateurs peuvent vivre mille ans?
A.T. Le 3 septembre 2025, sur la place Tian’anmen, Vladimir Poutine et Xi Jinping, 72 ans tous les deux, ne parlent ni de l’Ukraine ni de l’Iran. Ils parlent greffes d’organes, biotechnologies et immortalité. Cette confidence interceptée marque notre siècle. Faut-il en avoir peur ? Oui. Mais pas pour les raisons qu’on croit. Le XXIe siècle ne sera pas qu’un choc de blocs. Il sera un duel de temporalités. Celui qui s’imagine vivre plusieurs siècles ne raisonne plus comme un élu coincé entre deux scrutins ni comme un patron prisonnier du trimestre. Notre ordre politique reposait sur une croyance simple : les hommes sont mortels, les nations immortelles. Le rapport s’inverse. Les autocrates se rêvent éternels pendant que les démocraties, vieillissantes, déstabilisées, semblent mortelles. L’IA biomédicale peut fabriquer une aristocratie du temps. Et la tentation est claire : verrouiller le pouvoir, fossiliser les hiérarchies, transformer une avance biologique en droit de propriété sur l’avenir. La biologie imposait jusqu’ici le seul turnover qui n’ait jamais été négocié : l’enterrement. Les autocrates de l’Est garderont peut-être le pouvoir formel. Ils perdront le pouvoir réel. Vivre des siècles dans un monde où les compétences se périment en six mois est dérisoire. On sera biologiquement jeune, historiquement dépassé. La bonne réponse n’est pas d’imiter la tyrannie. C’est d’augmenter la démocratie pour qu’elle reste mortelle dans ses hommes, immortelle dans ses principes.
Vous soulignez que l’écologie politique recule, alors même que l’IA a surgi sur le devant de la scène. La peur d’une apocalypse des emplois liée à l’IA a-t-elle remplacé celle de l’apocalypse environnementale ? Et comment l’expliquez-vous ?
A.T. Le climat n’a pas cessé d’être un sujet grave, mais il a cessé d’être le cadre. L’ère Greta Thunberg a été remplacé par le tsunami technologique. Une société ne parle pas de ce qui est important. Elle parle de ce qui est traitable avec ses outils politiques, médiatiques et mentaux. L’écologie traite d’enjeux lointains, diffus et étalés sur des décennies. L’IA, elle, frappe à la porte.
L’une parle de limites, l’autre promet de la puissance. L’écologie a été vendue comme une morale, transformée en catéchisme, puis en instrument d’excommunication. La morale dit : expiez vos péchés. La souveraineté dit : si vous ne courez pas, vous serez vassal. Un peuple ne se mobilise pas pour l’expiation mais pour une épopée ou une guerre. L’écologie parle d’une pente. La super-IA parle d’un précipice. Les sociétés réagissent aux précipices, pas aux pentes. Ensuite, la compétition géopolitique ne se joue plus sur le carbone. Elle se joue sur la puissance informatique. Et quand le sentiment dominant du salarié devient « je vais être remplacé », l’obsession bascule de l’empreinte écologique vers la survie sociale. Les grands récits altruistes se taisent quand la peur individuelle s’impose. Enfin l’IA fabrique un solutionnisme qui autorise l’inaction. L’opinion se rassure : « de toute façon, l’IA trouvera. » Fusion nucléaire, batteries miracles, capture du carbone, géo-ingénierie. On remplace la discipline par l’espérance. On attend le pompier en continuant d’allumer des feux. L’Europe est le laboratoire parfait de ce déclassement. Elle moralise le carbone pendant que les autres industrialisent le calcul. Elle réglemente l’IA quand les autres recrutent les meilleurs cerveaux. On ne gagne pas une course de Formule 1 en écrivant un code de la route plus élégant.
« Même les politiciens intelligents sont nuls en IA » écrivez-vous. Les responsables politiques français sont-ils vraiment à la traine ? Et personne ne trouve-t-il grâce à vos yeux ?
A.T. L’analphabétisme technologique de la classe politique est dramatique. Au sommet de l’État, dans les cabinets ministériels et dans les hauts postes administratifs, l’expertise technologique est une rareté affollante. La quasi-totalité de nos responsables politiques n’utilise pas l’IA, confond ChatGPT avec un moteur de recherche amélioré et s’imagine encore que la révolution en cours est une affaire de start-up. Trois causes à cette incompétence. D’abord, ils pensent l’IA comme une technologie sectorielle, comme l’énergie ou les télécoms, alors qu’elle traverse tous les secteurs simultanément. Ensuite, l’IA détruit les grilles de lecture sur lesquelles la politique s’est construite : gauche/droite, public/privé, capital/travail et diplômés/non-diplômés. L’admettre, c’est scier la branche symbolique sur laquelle repose leur légitimité. Enfin, l’IA humilie. Elle est plus rapide, plus précise, plus rigoureuse qu’un cabinet ministériel entier.
Une infime minorité d’élus s’intéresse réellement au sujet, lit, expérimente et fréquente les chercheurs. Le reste rejoue de pathétiques querelles de partis pendant que l’IA et la robotique redessinent la société. On disserte d’alliances misérables, jamais du rapport de force entre humains et machines pensantes. Face à l’IA qui est une nouvelle espèce intelligente et non un outil, nous n’avons pas besoin d’un changement de majorité. Nous avons besoin d’un changement d’espèce politique. Quelques politiciens ont compris que l’IA va changer le futur : Jérôme Guedj, Gabriel Attal, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ou Sarah Knafo… C’est tragiquement peu au moment où l’IA devient un enjeu politique. Sam Altman a essuyé deux tentatives d’assassinat, 44 % des jeunes sabotent l’IA dans leur entreprise par peur d’être marginalisés et selon les derniers sondages une part croissante de la génération Z exprime sa colère contre l’IA.
Vivre 1 000 ans, par Laurent Alexandre et Alexandre Tsicopoulos. Buchet-Chastel, 300 p., 22 €.
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Author : Thomas Mahler
Publish date : 2026-06-04 16:15:00
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