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Pourquoi la visite du pape en Espagne pourrait offrir un répit à Pedro Sanchez

Pourquoi la visite du pape en Espagne pourrait offrir un répit à Pedro Sanchez

C’est une première en quinze ans. Le retour d’un pape en Espagne, pour une visite très scrutée. Léon XIV est attendu à Madrid, où il rencontrera la famille royale ainsi que le premier ministre Pedro Sanchez, puis à Barcelone et aux îles Canaries. Une semaine au cours de laquelle le pape espère redorer la place de l’Eglise catholique dans l’opinion publique espagnole. Mais aussi avancer de concert avec le premier ministre socialiste sur la situation des sans-abri et des migrants dans le pays.

Une aubaine pour Pedro Sanchez ?

Une aubaine pour Pedro Sanchez, qui veut renforcer sa politique pro-immigration, alors que celui-ci vient de régulariser pas moins de 500 000 sans papiers dans le pays, à rebours des tendances politiques européennes. Or Léon XIV porte un discours similaire à celui de l’Espagnol et doit se rendre jeudi sur l’île de Grande Canarie, pour s’entretenir avec des personnes exilées arrivées par bateau d’Afrique du nord au péril de leurs vies. La visite semble donc arriver à point nommé.

Outre la politique migratoire, le premier ministre espère aussi faire oublier, ne serait-ce qu’une semaine, les scandales de corruption visant sa famille et son parti. A commencer par son frère, David Sánchez, jugé pour trafic d’influence et abus de fonction. Ou encore son épouse, Begona Gomez, qui doit comparaître devant la justice mardi 9 juin pour répondre d’accusations de corruption. Sans compter son prédécesseur, José Luis Rodriguez Zapatero, mis en examen pour trafic d’influence présumé et autres infractions.

L’extrême droite réplique

Mais les partis d’opposition veulent à tout prix éviter une récupération politique favorable aux socialistes et conserver leur avance dans les sondages. Vox, le parti d’extrême droite, fustige sans ménage les positions de l’Eglise en matière d’immigration. Son leader, Santiago Abascal, a même osé critiquer l’évêque du diocèse des Canaries, qui affirmait que s’occuper des migrants était un devoir chrétien fondamental, et que quiconque pensait le contraire ferait bien de passer cinq jours sans nourriture sur un petit bateau. « Les évêques feraient bien de quitter leurs palais pour constater par eux-mêmes les conséquences de l’immigration clandestine pour les Espagnols », lui a opposé le leader de Vox.

De quoi enflammer un peu plus le débat déjà houleux sur l’immigration dans le pays. En juillet dernier, Vox avait évoqué l’idée d’expulser jusqu’à 8 millions de personnes d’origine étrangère – enfants d’immigrés compris – arguant qu' »il leur est très difficile de s’adapter à nos coutumes », avant de rétropédaler.

Des tensions subsistent

Si la vision commune sur l’immigration semble certes rapprocher l’Eglise et le gouvernement socialiste, des tensions restent néanmoins palpables sur un certain nombre de sujets. Plusieurs points de blocages sont encore à désamorcer, notamment sur les questions sociétales (euthanasie, homosexualité…). Mais aussi sur le dossier explosif du complexe Valle de los Caidos, où reposait l’ancien dictateur Franco jusqu’en 2019, avant d’être exhumé. Le gouvernement et l’Eglise ne parviennent pas à tomber d’accord, alors que l’un veut en faire un lieu de mémoire démocratique, et l’autre y préserver la basilique et l’abbaye bénédictine installées depuis 1958.

Or malgré la sécularisation croissante du pays, l’Eglise continue de jouer un rôle dans la société espagnole. Si seuls 54 % des Espagnols se déclarent encore catholiques, contre 72 % il y a dix ans, l’Eglise reste influente dans l’éducation et les médias. Et semble regagner en popularité chez les jeunes, dont 45 % se déclaraient catholiques en 2025, en forte hausse par rapport à 2020 (32 %). De quoi donner des raisons d’espérer à Léon XIV, à l’aube de sa tournée espagnole.



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Publish date : 2026-06-07 11:09:00

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