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Guerre entre les Etats-Unis et l’Iran : ces milliards de dollars engrangés par les géants du pétrole

La guerre entre les États-Unis et l’Iran a fait des gagnants : les grandes compagnies pétrolières. Alors que la flambée des cours de l’énergie pèse sur les consommateurs, les mastodontes du secteur voient leurs bénéfices s’envoler. Une situation que Donald Trump n’observe pas d’un bon œil : « Ils gagnent trop d’argent », a lancé depuis le bureau Ovale, lundi 3 août, le président américain. Les profits records des compagnies pétrolières sont devenus la dernière cible de son courroux. « Cela ne me plaît pas. Et je suis pourtant le dernier à devoir dire une chose pareille, car je suis un fervent partisan de la libre entreprise », a-t-il fustigé devant des journalistes.

Car les gains sont colossaux : une analyse du Guardian révèle que les huit producteurs pétroliers cotés en Bourse — Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil — ont engrangé près de 93 milliards de dollars de bénéfices au cours du trimestre achevé fin juin. C’est presque le double de leurs bénéfices cumulés sur la même période l’année précédente, qui s’élevaient à un peu moins de 50 milliards de dollars.

Pour Donald Trump, ces profits énormes ont des airs de « casse-tête politique », comme le relève CNN. À trois mois des élections de mi-mandat, la hausse des prix de l’énergie menace de ternir son bilan économique. Sa guerre contre l’Iran a contribué à faire grimper les cours mondiaux du pétrole, avec des conséquences directes pour les consommateurs américains. Pendant que les ménages comptent leurs sous, les pays exportateurs et les grandes compagnies pétrolières profitent de la situation. Le premier bénéficiaire étant Saudi Aramco, le géant pétrolier saoudien, qui a annoncé ce mardi un bond de 33 % de ses bénéfices au deuxième trimestre, à 33,4 milliards de dollars, contre 25,2 milliards à la même période un an plus tôt.

14,5 milliards pour Exxon, 10 milliards pour Shell…

Les majors américaines ne sont pas en reste. ExxonMobil a annoncé, vendredi 31 juillet, des bénéfices trimestriels de 14,5 milliards de dollars, plus du double de ceux enregistrés à la même période l’année précédente. Chevron a de son côté affiché 12,1 milliards de dollars de bénéfices, soit plus de quatre fois son résultat de l’année précédente. Au Royaume-Uni, Shell a signalé près de 10 milliards de dollars de bénéfices sur le trimestre, son deuxième meilleur résultat trimestriel de son histoire, rapporte The Guardian.

Cette envolée repose sur un mécanisme classique du marché pétrolier : lorsque l’offre mondiale est sous tension, la crainte d’une pénurie fait grimper les prix, offrant une manne considérable aux producteurs. Le baril de Brent, référence mondiale, évoluait légèrement sous les 70 dollars avant le début du conflit entre les États-Unis et Israël d’un côté et l’Iran de l’autre. Il a ensuite dépassé les 100 dollars, avant de refluer et de fluctuer au gré des perspectives de paix. Mardi 4 août, il s’échangeait autour de 80 dollars, soit 14 % de plus qu’avant le début des hostilités. Cette rente pourrait toutefois ne pas durer. « Ce niveau élevé de revenus ne peut perdurer indéfiniment », a expliqué Rahul Choudhary, vice-président chargé de la recherche en amont chez Rystad Energy, à CNN. Les prix ont notamment reculé après un accord de cessez-le-feu, depuis rompu, entre Washington et Téhéran.

Au-delà de la question des profits, cette période relance aussi le débat sur la responsabilité climatique des géants du pétrole. Une étude scientifique publiée en septembre dernier, citée par le Guardian, a pour la première fois établi un lien direct entre les émissions de carbone des plus grandes entreprises fossiles et des épisodes de chaleur mortels. D’après cette analyse, les émissions de chacune des 14 plus grandes entreprises du secteur ont suffi, à elles seules, à rendre possibles plus de 50 vagues de chaleur qui auraient autrement été pratiquement impossibles. Saudi Aramco est particulièrement visée : selon la base Carbon Majors citée par le journal britannique, sa production d’énergies fossiles en a fait la plus grande émettrice de carbone de l’histoire, devant Chevron et ExxonMobil. Shell et BP figurent également parmi les dix plus grands émetteurs historiques.



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Author : Audrey Parmentier

Publish date : 2026-08-05 13:55:00

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