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Etats-Unis : pourquoi Washington menace de bloquer la nomination du futur ambassadeur français

Ce qui devait être une simple formalité diplomatique pourrait finalement se transformer en nouvel épisode des tensions franco-américaines. Washington envisage de retarder, voire d’empêcher, la validation de la nomination d’Aurélien Lechevallier au poste d’ambassadeur de France aux États-Unis. En cause, selon deux sources citées par Reuters, le mécontentement de l’administration Trump après plusieurs prises de position françaises sur la question des droits de l’homme à l’ONU. À Paris, l’objectif était d’installer le diplomate à Washington d’ici le mois de septembre. Rien n’est encore tranché, mais le calendrier apparaît désormais incertain, la procédure de nomination d’un ambassadeur étant soumise à l’agrément du pays d’accueil.

L’origine de cette crispation remonte à une brouille survenue à l’ONU. Le 24 juillet dernier, la mission française auprès des Nations unies à Genève a vivement critiqué, sur le réseau social X, le vote américain contre la reconduction de Volker Turk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Washington s’était alors retrouvé aux côtés de la Russie, de la Corée du Nord et de quelques autres États pour s’opposer à la prolongation du mandat du haut-commissaire. Le message français n’a pas laissé place à l’ambiguïté. « Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l’homme. Ce n’est plus le cas. Et le monde ne les écoute plus », écrivait la représentation française. Selon Reuters, cette publication n’avait rien d’une initiative isolée et avait bien été validée en interne.

La riposte américaine a été immédiate. L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, a accusé la France de soutenir « certains des pires auteurs de violations des droits de l’homme » et de défendre un responsable qui, selon lui, « donne des leçons » aux démocraties occidentales tout en ménageant des régimes autoritaires. Et l’incident ne s’est pas arrêté à cette passe d’armes. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’Ukraine, trois jours plus tard, les représentants américains ont quitté la salle au moment de l’intervention française, dénonçant l’hypocrisie de leur allié. « Les États-Unis sont très déçus par la rhétorique irresponsable et irrespectueuse des Français », a fustigé un responsable du département d’État à Reuters.

Une situation « quelque peu humiliante »

C’est dans ce contexte que le nom d’Aurélien Lechevallier se retrouve au cœur des tensions. Directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot depuis 2023, ancien conseiller à l’Élysée, ce haut fonctionnaire connaît bien les rouages de la diplomatie française. Diplômé d’HEC, de Sciences Po Paris et de l’ENA, où il était dans la même promotion qu’Emmanuel Macron, il avait d’abord été pressenti pour Londres avant d’être fléché vers Washington, l’un des postes les plus stratégiques du Quai d’Orsay.

Pour plusieurs observateurs, le fait que les États-Unis puissent prendre pour cible un diplomate français de ce rang est révélateur du climat actuel. Un responsable du parti Renaissance interrogé par Politico juge cette perspective « sidérante » et estime que Paris fait face à une situation « quelque peu humiliante » après avoir, selon lui, fait preuve de retenue sur plusieurs dossiers, notamment celui de l’Iran.

Cet épisode intervient alors que les désaccords entre Paris et Washington se sont multipliés ces derniers mois. Ils portent aussi bien sur les droits de douane imposés par Donald Trump que sur la guerre en Ukraine ou encore certaines déclarations du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui avait dénoncé en juillet dernier toute tentative d’ingérence étrangère dans les processus électoraux européens. Une relation transatlantique « faite d’amour et de haine », résument nos confrères de Politico.



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Author : Audrey Parmentier

Publish date : 2026-08-06 13:26:00

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