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« Un peuple de dilettantes ? On en est loin » : ce que révèle une étude sur le rapport des Français au travail

Les études sur le désengagement des salariés français se succèdent et dressent un tableau toujours plus sombre de leur rapport au travail. Et si les choses étaient, en réalité, plus nuancées qu’on le pense ? À leur tour, Factorial et le CSA se sont penchés sur la question en interrogeant 803 salariés de quatre groupes d’âge : la Gen Z (18-29 ans), les Millennials (30-45 ans), la Gen X (46-61 ans) et les boomers (62 ans et plus). Leur étude, publiée ce 24 septembre et que L’Express vous dévoile en exclusivité, présente plusieurs grands enseignements, parfois contre-intuitifs.

Premier cliché battu en brèche : celui de Français qui se désintéresseraient de leur travail. Pour 80 % des répondants, le travail occupe une place importante dans leur vie. « Ce n’est pas un jugement de valeur sur le travail. Ils ne sont pas en train de nous dire qu’ils travaillent trop ou pas assez. C’est juste un constat qui nous dit que la vie de huit personnes sur dix est structurée par le travail », analyse Julie Gaillot, directrice du pôle Society au sein de CSA. « Cela va à l’encontre des discours sur un peuple de dilettantes ! J’ajouterais que le travail occupe même une place centrale pour 83 % de la Gen Z, soit dix points de plus que chez les boomers actifs. Les Français ne sont donc pas désengagés au travail et les jeunes ne le mettent pas à distance », poursuit-elle.

Ce constat vaut pour toutes les catégories professionnelles, sans exception, avec un pic à 97 % chez les cadres. Le travail occupe également une place centrale dans la vie de 84 % des Millennials et de 86 % des salariés franciliens.

Le blues des générations intermédiaires

En revanche, les salariés sont partagés sur l’évolution des conditions de travail : 35 % estiment qu’elles sont meilleures aujourd’hui que pour les générations précédentes, surtout dans le BTP (49 %). 35 % jugent toutefois qu’elles sont pires, notamment dans la fonction publique (47 %). « Il n’y a pas de constat partagé sur les conditions de travail qui s’amélioreraient au fil du temps », résume Julie Gaillot. Les perceptions varient également selon les générations. La Gen Z et les boomers se montrent les plus positifs, respectivement 53 % et 48 % d’entre eux jugeant les conditions de travail meilleures aujourd’hui, contre 38 % des Millennials.

La génération X, elle, porte un regard particulièrement négatif sur l’évolution de ces conditions de travail : 45 % les trouvent moins bonnes, 26 % seulement les jugent meilleures. Génération désenchantée ? Pas lorsqu’on parle des congés payés, qui arrivent largement en tête des évolutions jugées les plus bénéfiques par cette tranche d’âge (76 %), comme par l’ensemble des salariés (68 % en moyenne). Suivent les 35 heures (55 %) et l’amélioration des conditions de sécurité (43 %), surtout saluée par les boomers (60 %). « Tout ce qui touche au numérique (télétravail, outils numériques, droit à la déconnexion) a amélioré les conditions de travail avec 63 % des citations. Chez la Gen Z, le télétravail arrive même en troisième position, précise Julie Gaillot.

Le poids des activités à faible valeur ajoutée

L’étude apporte aussi un éclairage inédit sur le ressenti des salariés au travail. Les deux générations aux extrémités de la pyramide des âges se distinguent par des termes positifs : « épanouissant » pour la Gen Z et « utile » pour les boomers. À l’inverse, les Millennials évoquent un travail « routinier » et la génération X, un travail « stressant ». « La génération des boomers s’est construite autour des 35 heures, des lois destinées à les protéger et à réduire la pénibilité. Elle a vécu au rythme de ces évolutions positives, alors que les deux générations intermédiaires ont vécu ce qu’elles considèrent comme des régressions, avec des discussions sur l’âge de la retraite, une remise en cause des 35 heures et un nombre exponentiel de burn-out. Elles ne sont pas dans la même dynamique », commente Julie Gaillot.

Quant aux plus jeunes, « ils arrivent avec leurs propres règles, ce qui va nécessiter une adaptabilité des entreprises, qui n’ont pas l’habitude d’être challengées », complète Antoine Barat, Head of Sales chez Factorial. « La pyramide de Maslow [NDLR : théorie psychologique développée par Abraham Maslow dans les années 1940–1950 qui hiérarchise les besoins humains en cinq niveaux] indiquait traditionnellement que le travail servait à « remplir le frigo, or la nouvelle génération voit dans le travail un moyen de s’accomplir. Elle est plus exigeante envers l’entreprise », relève-t-il.

S’il est un sujet qui fait l’unanimité parmi tous les sondés, c’est bien le poids des activités à faible valeur ajoutée dans leur quotidien. « Les réunions, tâches répétitives et tâches administratives arrivent largement en tête des sources de perte de temps, autant de tâches qui pourraient facilement être déléguées à l’IA », souligne Julie Gaillot.

Autre point de convergence entre les générations : le salaire reste, sans surprise, le sujet le plus important pour eux. Mais d’autres ingrédients comptent également aux yeux de tous les salariés, notamment un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ainsi qu’une bonne ambiance de travail. Et le sens au travail ? « S’il est évidemment important, il n’arrive qu’en cinquième position chez la Gen Z, contrairement à certains clichés », conclut Julie Gaillot.



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Author : Claire Padych

Publish date : 2026-09-23 15:30:00

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