Un lot de consolation. Face à Donald Trump, fin juillet, en Ecosse, l’Europe a beaucoup cédé. Mais rien en ce qui concerne ses règlements numériques régulièrement attaqués par la « Big Tech » américaine — les nouveaux alliés du président. Le répit aura été de courte durée.
Sur sa plateforme Truth Social, le milliardaire a cette semaine menacé de droits de douane supplémentaires les pays « discriminant » ses entreprises technologiques. L’Union européenne est clairement dans le collimateur, Donald Trump faisant référence à des « Digital Services Legislation » et « Digital Markets Regulation ». Des périphrases peu subtiles des Digital Services and Markets Act (DSA et DMA), deux textes législatifs entrés en vigueur courant 2023.
La Commission se veut intraitable. Au printemps, elle a frappé Apple (500 millions d’euros) et Meta (200 millions d’euros) au nom du DMA, axé sur le respect de la concurrence. Mais ces amendes restent modestes au regard du portefeuille des contrevenants : moins de 0,15 % de leur chiffre d’affaires mondial, quand ces règlements autorisent jusqu’à 10 %. Signe que l’ombre de Trump, en réalité, pèse déjà sur leur application.
Le sort déterminant de X
Elle risque même de s’étendre. Le DSA, encore vierge de sanctions, est le prochain enjeu. Cette loi sur les services numériques vise de manière simple à défendre les valeurs démocratiques de l’UE, sa raison d’être attaquée par le vice-président américain J.D. Vance lors de son désormais célèbre discours de Munich, en février. L’Europe dispose d’un volumineux dossier contre X (ex-Twitter), le média social d’Elon Musk, suspecté de faire de sa plateforme un porte-voix des extrêmes. Une décision politique doit être prise à son sujet avant la fin de l’année.
L’issue de ce dossier sera déterminante. Si par crainte de représailles, Bruxelles est perçue comme faible, la puissance régulatrice subira un sérieux revers. Pas seulement à l’égard des Etats-Unis et de ses « Big Tech », d’ailleurs. Le Chinois TikTok, lui aussi, s’accommoderait bien d’une « lex imperfecta », disait-on au temps des Romains. Une loi « imparfaite » que l’on peine à faire respecter.
Source link : https://www.lexpress.fr/economie/high-tech/donald-trump-contre-les-reglements-numeriques-europeens-lombre-de-la-lex-imperfecta-FSTRGDHDQFFOFATM2YODNZ5LHI/
Author : Maxime Recoquillé
Publish date : 2025-08-30 07:00:00
Copyright for syndicated content belongs to the linked Source.