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Vladimir Poutine, révélations sur sa vie cachée : ses deux fils, son obsession de vivre jusqu’à 150 ans…

Vladimir Poutine, révélations sur sa vie cachée : ses deux fils, son obsession de vivre jusqu’à 150 ans…

« La démarche du pistolero ». C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. « Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche ». Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : « sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi ». Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

Les Jeux de la corruption et du dopage

C’est peut-être là, sur les bords de la mer Noire, que le régime Poutine apparaît le plus crûment, dans toute son immoralité. Là aussi que sa stratégie de corruption et de mensonges a trouvé sa première limite. Grand amateur de sport, le maître du Kremlin a voulu les JO de Sotchi – son bébé – pour consolider son prestige à l’intérieur et à l’extérieur de son pays. Pour magnifier la gloire de la Russie aussi. En fait, ces Jeux vont exposer à la face du monde l’extrême corruption financière et morale du régime Poutine.

À Sotchi, la Russie arrive largement première avec 33 médailles dont 13 en or. Aux Jeux d’hiver précédents, à Vancouver, elle n’était classée que douzième, ne remportant que 2 médailles d’or. Par quel miracle a-t-elle réussi cet exploit ? Grâce à une triche sans précédent. Autorisée et sans doute même ordonnée par Poutine. « À partir de 2011, l’État russe a mis en place un système de dopage et de dissimulation orchestré par le ministère des Sports avec l’aide du FSB », raconte l’avocat canadien Richard McLaren [interviewé par l’auteur] qui a remis, en juillet 2016, un rapport à l’Agence mondiale antidopage. Selon nos sources, l’idée apparaît dès 2007 quand Sotchi est désignée comme ville organisatrice pour 2014. Mais la décision a été effectivement prise trois ans plus tard, après les JO de Vancouver, où les résultats des athlètes russes ont énormément déçu.

[…] Comble de la duperie, c’est le directeur du centre antidopage de Moscou qui a, lui-même, conçu le produit dopant à fournir aux sportifs, un mélange de stéroïdes. Dans ce cocktail, surnommé « la Duchesse », les stéroïdes sont dissous dans l’alcool, whisky pour les hommes, vermouth pour les femmes, raconte l’avocat. Cette solution doit être roulée dans la bouche du sportif afin que les muqueuses absorbent les substances dopantes puis elle est recrachée. Le ministère des Sports distribuait ce breuvage, via une organisation affiliée, aux différentes fédérations sportives qui, elles-mêmes, le donnaient aux entraîneurs. Au bout de la chaîne, les sportifs ne pouvaient, semble-t-il, pas refuser d’en prendre, sous peine de se voir privés des meilleurs coachs ou de ne pouvoir participer aux compétitions les plus prestigieuses.

Pour dissimuler le dopage, il fallait pouvoir faire disparaître les urines « sales » avant les tests, poursuit McLaren. Le FSB, qui a surveillé la construction du labo antidopage de Sotchi, a demandé et obtenu le percement d’une ouverture très discrète dans un mur, ouverture par laquelle les flacons pourraient être clandestinement glissés dans une pièce adjacente occupée par des agents des services spéciaux. C’est grâce à ce « trou de souris » que la triche s’est déroulée durant toute la durée des Jeux.

La nuit, des techniciens du FSB, qui disposaient aussi d’une salle de repos dans le bâtiment, vidaient les flacons d’urine « sale » pour la remplacer par de l’urine « propre » précédemment recueillie auprès des athlètes et conservée depuis l’ouverture des Jeux dans des réfrigérateurs. Le FSB participait donc à toutes les étapes de cette triche d’État. Dès le début de l’opération [en 2011], le patron du laboratoire de Moscou a été obligé de signer un document qui faisait de lui un informateur du FSB. On lui a donné un nom de code : « Kuts ». Chaque semaine, il devait rendre compte à un officier du service secret, un certain Evgueni Blokhine. À Sotchi, ce dernier s’occupait de l’échange des flacons d’urine. Pour passer inaperçu, il disposait d’une carte d’accès au laboratoire antidopage grâce à une couverture : officiellement, il était technicien en tuyauterie de la firme en charge de la maintenance du bâtiment.

Les deux fils

[Fin 2016]. La question [de la protection de sa famille] le taraude d’autant plus qu’à 64 ans, le maître du Kremlin vient en secret d’avoir un fils, le premier, semble-t-il. Il se prénomme Ivan. Il a 18 mois. Au moment de l’accouchement de sa compagne, Poutine a disparu pendant dix jours. Cela ne lui était jamais arrivé. Personne ne savait où il se trouvait. Moscou bruissait des rumeurs les plus folles. Le président est mourant, enlevé par des généraux, en cure de botox. Selon plusieurs journaux suisses et le site Dossier Center, il était à Lugano, au chevet d’Alina Kabaeva. La gymnaste venait d’y accoucher de leur premier fils dans une clinique privée recommandée par Silvio Berlusconi, l’un des rares étrangers à fréquenter Poutine en famille. (…) Selon les mêmes sources, Alina Kabaeva a donné un second fils à Poutine, en 2019. Il porterait le même prénom, Vladimir, et le même patronyme (Vladimirovitch) que son père, lui-même fils d’un Vladimir ».

En croisade contre l’Occident

Le 14 août 2014, quelques mois après l’annexion de la Crimée, Poutine reçoit, dans l’ancien palais impérial à Yalta, l’un de ses plus fervents admirateurs, Philippe de Villiers. (…) Le prétexte de la rencontre ? De Villiers est là pour signer un contrat avec le milliardaire ultraorthodoxe Malofeïev qui souhaite créer deux parcs à thème sur le modèle du Puy du Fou, l’un à Yalta, l’autre à Moscou déjà baptisé « Tsargrad ». Aucun des deux ne verra jamais le jour.

De Villiers veut aider le tsar dans sa conquête idéologique du Vieux Continent. « On assiste à une formidable inversion historique, expliquait le fondateur du Mouvement pour la France quelques jours avant son départ pour la Crimée [Dans une interview au Figaro Magazine]. Jusqu’à la chute du Mur, nous avions le monde libre contre les Soviétiques et l’Internationale communiste ; désormais, on a le monde libre – défendu par Poutine contre les Américains et l’Internationale globaliste. Que reproche-t-on à Poutine ? De ne pas vouloir des Femen et de l’Otan ? Comme on le comprend! » « Le monde libre défendu par Poutine »…À la fin de la rencontre à Yalta, ce drôle de patriote va encore plus loin dans l’expression de son adoration : « Le président Poutine est une figure, un homme beaucoup plus respecté dans le cœur et l’âme de nombreux Européens que la plupart des leaders et des dirigeants européens. » Pour mener son combat contre l’Occident libéral, le maître du Kremlin va s’appuyer sur des personnalités d’extrême droite ou populistes ou les deux comme de Villiers ou Le Pen en France, Salvini en Italie, Orban en Hongrie, Farage au Royaume-Uni, Trump aux États-Unis qui tous lui vouent une sorte de culte, surtout depuis qu’il se présente comme le pourfendeur de la « culture homosexuelle » et le dernier rempart de la chrétienté.

La peur panique du Covid

Le président russe reste donc isolé avec ses gardes du corps, sa compagne, Alina Kabaeva, leurs deux fils, leurs nounous et leurs professeurs. Il gère le pays à distance, par visioconférence, sans interaction directe régulière avec son entourage habituel de conseillers, de généraux et de ministres. L’un de ses officiers de sécurité, Gleb Karakoulov, qui a fui la Russie en octobre 2022, raconte : « Notre président a perdu le contact avec le monde. Il vit dans un cocon informationnel depuis deux ans, passant la plupart de son temps dans ses résidences (Valdaï surtout) [l’une de ses datchas], que les médias appellent très justement des bunkers. Il a une peur pathologique pour sa vie. Il s’entoure d’une barrière impénétrable de quarantaines et d’un vide informationnel. Pour lui, seules comptent sa propre vie et celle de ses proches. » À Valdaï, rapporte Dossier Center [une plateforme d’investigation journalistique fondée et financée par l’ancien oligarque Mikhaïl Khodorkovski] dans une enquête consacrée à la vie de famille à Valdaï, ses deux fils secrets, Ivan et Vladimir Jr, résident dans la maison principale avec leurs parents [Vladimir Poutine et Alina Kabaeva] tandis que les gouvernantes et les professeurs sont logés dans des bâtiments séparés, dotés de salles de classe aménagées. Les deux frères ont accès à deux poneys, des lapins et un saint-bernard, dont s’occupent deux maîtres-chiens du FSO [la garde présidentielle]. […] Leur mode de vie est calqué sur celui de leur père. Ils ont des chefs cuisiniers personnels. Et, comme Vladimir Poutine, ils ont leurs propres tasses et ne boivent que dans celles-ci. Pour éviter toute contagion, leur père les oblige à se déplacer dans la datcha en voiture avec chauffeur.

Préparatifs de guerre

Le plan de Poutine prévoit qu’après la déstabilisation, les services secrets russes décapitent en quelques heures le pouvoir ukrainien. Dans ce but, à l’automne 2021, des tueurs du GRU [les services secrets militaires russes], rejoignent Kiev par petits groupes et sous couverture civile. Guidés vers leurs cibles par des agents ukrainiens, ces hommes devront capturer une trentaine de hauts responsables dont le président Zelensky. Selon le plan, certains de ces prisonniers VIP seront, plus tard, soumis à des procès-spectacles. S’il ne fuit pas, Volodymyr Zelensky sera, lui, assassiné dès les premières heures. D’après les estimations des planificateurs du GRU, cette décapitation du régime devrait être achevée en quarante-huit heures maximum. Pour remplacer l’ancien humoriste, Poutine a, semble-t-il, un candidat en tête : son ami, le milliardaire Medvedtchouk, qui a un yacht un peu plus petit. Selon les services spéciaux ukrainiens, le FSB prévoit que la Rada, le Parlement, une fois encerclée par les troupes russes, destitue son président, Ruslan Stefanchuk ; Medvedtchouk doit alors devenir « porte-parole » et « président par intérim ». Si cette opération ne marchait pas, un autre candidat pourrait émerger : l’ancien président Viktor Ianoukovitch, évincé par la révolution de 2014 et exilé depuis en Russie. Le MI6 britannique, lui, mise plutôt sur un certain Yevhen Murayev, plus jeune et moins compromis que les deux autres. Originaire de Kharkiv, la deuxième ville d’Ukraine, cet homme d’affaires de 45 ans, au visage enfantin, est propriétaire de la chaîne de télévision Nash TV, une plateforme antioccidentale, très hostile à Zelensky.

Vivre jusqu’à 150 ans

Comme Staline, Poutine est passionné par les recherches en matière de longévité. En 1939, le tyran rouge lut Prolonger la vie, une brochure écrite par un célèbre hématologue et promettant une possibilité de vivre cent cinquante ans. « Staline en fit un héros du travail socialiste et lui accorda d’importants financements de recherche, mais fut consterné lorsqu’il mourut à l’âge de 64 ans, en 1946 », écrit le professeur Donald Rayfield dans le Guardian. La longévité, c’est aujourd’hui la grande affaire du clan Poutine. À la demande du Kremlin, l’État russe finance des recherches en vue d’augmenter l’espérance de vie, qu’il a érigée en « priorité clé ». Une partie de ces subventions bénéficient à la fille aînée de Poutine, Maria, endocrinologue de formation, dont c’est justement le thème de travail. Mikhaïl Kovaltchouk, le frère de Youri avec lequel Poutine a passé de longues semaines à Valdaï, reçoit aussi des millions de l’État pour une de ses sociétés qui travaille sur la fabrication d’organes de remplacement. La technique envisagée est l’impression en 3D d’organes à partir de cellules cultivées en laboratoire.

Poutine croit tellement dans les possibilités de cette technique qu’il en a parlé à Xi Jinping qui a le même âge que lui. Le 3 septembre 2025, la Chine s’apprête à célébrer le 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sur la place Tien-An-Men, Poutine et Xi déambulent sur un tapis en direction de la tribune officielle. Ils devisent de la vie en direct à la télévision chinoise. « À l’époque [de la Seconde Guerre mondiale], les gens vivaient rarement jusqu’à 70 ans. Mais aujourd’hui, à 70 ans, vous êtes un enfant », déclare Xi. Passionné par le sujet, Poutine lui répond : « Avec le développement des biotechnologies, les organes humains peuvent être continûment transplantés. Les gens peuvent vivre de plus en plus vieux et même atteindre l’immortalité. » Et le président chinois conclut : « Les prédictions disent qu’au cours de notre siècle, il y a des chances qu’on vive jusqu’à 150 ans. »

Interrogé sur cet échange, Poutine déclarera : « Les méthodes modernes de la médecine permettent à l’humanité d’espérer que […] la durée de vie augmentera de manière significative. » Parmi ces avancées, précisera-t-il, figurent des « moyens médicaux, y compris chirurgicaux, liés aux transplantations d’organes ».

Les intertitres sont de la rédaction.



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Author : Cyrille Pluyette

Publish date : 2026-03-26 16:00:00

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