C’est un rapport épais qui, chaque semaine, atterrit sur le bureau de Vladimir Poutine. Produit par le très secret "Service sociologique", il sonde les humeurs et les états d’âme de 5 000 Russes, questionnés – souvent à leur insu - par des agents fédéraux qui sillonnent le pays, de Rostov à Vladivostok. Tout y est consigné : leurs frustrations, leur lassitude et leurs colères, de plus en plus vives – qu’il s’agisse des pénuries d’essence, de l’inflation ou de ces coupures Internet qui exaspèrent tant les Moscovites. Grâce à ce "sismographe" capable de détecter les éruptions populaires, Poutine sait tout.