Téhéran, 1978. Depuis le somptueux Palais de Niavaran, la monarchie iranienne observe son monde s’effondrer. Dans les rues, la foule scande des slogans exigeant le départ du Chah, au pouvoir depuis trente-sept ans, tandis que l’ayatollah Khomeyni, figure centrale de l’opposition, attend son heure à Neauphle-le-Château (Yvelines). Envoyé spécial en Iran pour le Corriere della Sera, le philosophe Michel Foucault s’enflamme alors pour ce qu’il décrit comme une "spiritualité politique", allant jusqu’à qualifier l’imam en exil de "saint homme". A l’époque, la plaie de la colonisation française est béante. La guerre d’Indochine (1946-1954) et la guerre d’Algérie (1954-1962) ont laissé









