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Pologne : la nouvelle volte-face de Donald Trump sur l’envoi de troupes américaines

Pologne : la nouvelle volte-face de Donald Trump sur l’envoi de troupes américaines

C’est un revirement de plus de la part de Washington. Alors que le Pentagone avait annoncé la semaine dernière renoncer au déploiement de milliers de soldats américains prévu en Pologne, Donald Trump a fait machine arrière ce jeudi 21 mai. Dans un post sur Truth Social, le président américain a fait savoir que les Etats-Unis procéderaient au déploiement de 5 000 soldats dans le pays. Et ce, a-t-il laissé entendre, pour saluer l’élection – qui remonte tout de même à près d’un an – du nationaliste conservateur Karol Nawrocki, dont il avait soutenu la campagne, à la tête du pays.

Si le Wall Street Journal affirme que Donald Trump aurait téléphoné à son secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour demander pourquoi le déploiement initialement prévu avait été annulé, le Pentagone a refusé de commenter la situation jeudi. Ce changement de ton a en tout cas été accueilli avec soulagement par les dirigeants polonais, qui craignaient qu’une telle opération – alors même que certaines troupes américaines venaient d’arriver dans le pays pour une rotation de neuf mois – n’envoie un mauvais signal à la Russie. « Je remercie le président américain pour son amitié envers la Pologne et pour les décisions dont nous voyons très clairement aujourd’hui les retombées concrètes », a réagi le président polonais, tandis que le Premier ministre Donald Tusk a pour sa part jugé que la décision de Donald Trump était « une bonne nouvelle pour la Pologne et les Etats-Unis ». Le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a lui aussi salué la décision.

Troupes supplémentaires ou simple rétropédalage ?

Mais plusieurs questions restent encore en suspens. D’une part, le président américain a parlé de troupes « supplémentaires », sans que l’on sache immédiatement s’il s’agit de nouveaux effectifs ou si Donald Trump rétablit simplement le déploiement – de 4 000 soldats – qui était déjà prévu avant d’être remis en question par Pete Hegseth. D’autre part, interroge le New York Times, si l’armée américaine maintient ou augmente ses effectifs en Pologne, devra-t-elle réduire ses effectifs ailleurs en Europe pour se conformer aux objectifs de désengagement militaire fixés par Donald Trump ?

Les Etats-Unis ont déjà annoncé il y a trois semaines le retrait de 5 000 soldats d’Allemagne – décision prise par le Pentagone en réponse aux critiques formulées par Friedrich Merz sur l’offensive américaine en Iran. Trump avait déclaré plus tôt ce mois-ci qu’il pourrait transférer certaines troupes de ce pays vers la Pologne. Une des options étudiées au Pentagone consisterait ainsi à déplacer le 2e régiment de cavalerie de Vilseck, en Allemagne. Et celle-ci n’est qu’un exemple parmi d’autres. Donald Trump avait aussi dit envisager suspendre l’Espagne de l’Otan suite au refus de cette dernière de laisser les Etats-Unis utiliser ses bases au Moyen-Orient.

Un désengagement américain massif en vue ?

Si les responsables de l’Otan se sont voulus rassurants, insistant sur le fait que les redéploiements et réductions de troupes américaines n’affecteraient pas les capacités de défense de l’alliance, le Canada et l’Allemagne ayant, eux, renforcé leurs effectifs sur le flanc est de l’Europe, l’inquiétude ne cesse de grandir chez les Européens. Les membres de l’Otan sont actuellement réunis en Suède et espèrent y voir plus clair sur l’ampleur du désengagement envisagé par les Etats-Unis. D’autant que les relations entre Washington et Bruxelles se sont fortement détériorées, sur fond de guerre commerciale, de menaces d’annexion du Groenland, territoire autonome du Danemark, et en raison de désaccords concernant la guerre avec l’Iran.

Certains garde-fous existent tout de même pour prévenir un retrait de troupes trop brutal, rappelle le Wall Street Journal. La loi américaine stipule en effet que le nombre de soldats américains en Europe – aujourd’hui autour de 80 000 – ne peut être réduit en dessous de 76 000 sans qu’une série complète d’évaluations soit fournie aux parlementaires concernant les conséquences pour la sécurité américaine. Mais certains d’entre eux alertent déjà : rien ne garantit que la Maison-Blanche ne décide pas, comme pour l’Iran, de contourner le Congrès.



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Publish date : 2026-05-22 09:30:00

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