Le jour est historique pour l’Ukraine comme pour la Hongrie. Le 3 juin, la Hongrie a mis fin à son opposition de longue date à l’ouverture de négociations officielles entre l’Union européenne et l’Ukraine en vue d’une future adhésion. Une évolution notable pour Kiev, qui voit dans l’intégration européenne une étape essentielle pour se protéger durablement de la Russie et consolider son avenir démocratique.
Cette levée de veto, intervenue après des années de blocage, a permis à l’Ukraine de franchir une nouvelle étape : mardi, les États membres ont donné un feu vert préliminaire à l’ouverture officielle des premiers chapitres de négociations d’adhésion pour l’Ukraine, ainsi que pour la Moldavie. Une étape hautement symbolique, attendue par Volodymyr Zelensky depuis décembre 2023, date à laquelle un premier vote avait été bloqué par la Hongrie.
Fin du blocage avec le départ de Viktor Orban
Ce changement intervient dans le contexte d’une transition politique à Budapest en mai dernier, après le départ de l’ancien dirigeant nationaliste et proche de Moscou Viktor Orban, qui avait bloqué à plusieurs reprises le processus d’adhésion ukrainien. Malgré cette inflexion, son successeur pro-européen Péter Magyar a immédiatement indiqué que la Hongrie ne soutiendrait pas une procédure accélérée réclamée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que l’adhésion à l’UE nécessite des réformes profondes sur plusieurs années. « Le processus d’adhésion de notre pays a lui aussi duré plus de dix ans », a-t-il rappelé dans un entretien au Monde publié le 4 juin.
Avant de justifier sa prise de position. « Les règles doivent être les mêmes pour tous les pays qui souhaitent rejoindre les Vingt-Sept. Certains pays des Balkans occidentaux attendent depuis plus de dix ans à la porte de l’UE. L’Ukraine, pour l’instant, est en guerre. Nous espérons que ce conflit se terminera au plus vite et que, dans cinq, dix ou quinze ans, elle parviendra à satisfaire aux 33 chapitres d’adhésion », explique-t-il dans l’entretien.
Un compromis sur la minorité hongroise en Ukraine
Selon le Washington Post, ce revirement hongrois s’explique par un accord conclu avec Kiev sur les droits de la minorité hongroise vivant en Ukraine, notamment dans la région de Transcarpatie. Péter Magyar affirme que cet accord renforce les droits linguistiques, éducatifs, culturels et politiques de cette communauté, un dossier sur lequel le précédent gouvernement n’avait pas progressé depuis dix ans.
Un feu vert hongrois salué comme une « bonne nouvelle » par la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko. « Nous nous rapprochons d’une adhésion à l’UE, s’est-elle enthousiasmée. Mais le chemin reste long : chaque pays candidat doit franchir six groupes de négociation couvrant 33 chapitres.
La prochaine étape est attendue les 15 et 16 juin à Luxembourg, où devrait être officialisée l’ouverture du premier groupe, consacré aux « fondamentaux », incluant notamment le système judiciaire, l’État de droit, les libertés publiques et le fonctionnement des institutions démocratiques. D’autres chapitres, en particulier le volet agricole, s’annoncent plus complexes encore, en raison du poids de l’Ukraine dans la production agroalimentaire européenne, suscitant des inquiétudes dans plusieurs États membres, dont la France.
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Author : Enola Richet
Publish date : 2026-06-06 10:56:00
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