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Todd Blanche, le nouveau ministre de la Justice « le plus controversé du cabinet Trump »

Le républicain et proche de Donald Trump, Todd Blanche, a été confirmé samedi 8 août comme nouveau ministre de la Justice des États-Unis, au terme d’un vote serré au Sénat. Trois républicains qui avaient initialement exprimé leurs réserves quant à son indépendance — John Cornyn, Thom Tillis et Bill Cassidy — ont finalement voté en sa faveur, estimant que son accès privilégié à Donald Trump pouvait lui permettre de contenir les décisions les plus controversées du président. Une confiance paradoxale, puisque Todd Blanche défend lui-même une conception particulièrement étendue du pouvoir présidentiel.

Ancien avocat pénal de Donald Trump, Todd Blanche est devenu l’un de ses plus proches alliés. Depuis sa prise de fonctions comme ministre de la Justice par intérim en avril, il a affirmé à plusieurs reprises que le président américain dispose du « droit » et du « devoir » d’ordonner des enquêtes visant les personnes qu’il souhaite cibler. Interrogé sur l’indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison-Blanche lors de son audition de confirmation, il a répondu que « l’article II de la Constitution donne le pouvoir exécutif au président Trump ».

Alors que les doutes sur son indépendance se sont multipliés et ont failli faire échouer sa nomination, l’arrivée de Todd Blanche au gouvernement pourrait bien constituer, pour l’agence Reuters, l’une des « nominations les plus controversées du cabinet de Donald Trump au cours de son second mandat ».

« Le champion du pouvoir présidentiel »

Cette conception rompt avec la tradition d’une certaine indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis du pouvoir politique. Pour le New York Times, la nomination de Todd Blanche revient à placer au gouvernement « un champion du pouvoir présidentiel sans entraves ». Le journal américain souligne que, depuis le scandale du Watergate, les États-Unis ont traditionnellement cherché à préserver le ministère de la Justice des interventions partisanes directes. Une évolution que les détracteurs du nouveau ministre — dont 1 200 anciens responsables du ministère de la Justice ayant publiquement appelé le Sénat à rejeter sa nomination — jugent particulièrement préoccupante sous la seconde administration Trump.

Sa nomination intervient surtout dans un ministère profondément bouleversé par les transformations opérées depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche. Le Washington Post décrit un département marqué par les licenciements et les départs de nombreux fonctionnaires de carrière, dans un contexte de grand malaise interne. Pour le Washington Post, cette fragilisation de l’appareil judiciaire fédéral place Blanche devant un défi supplémentaire : prendre durablement les commandes d’une institution dont les effectifs expérimentés ont été fortement réduits.

Un simple exécutant du pouvoir présidentiel ?

Récemment, plusieurs épisodes ont alimenté les critiques quant à son indépendance : la sénatrice républicaine Susan Collins lui reproche notamment d’avoir approuvé des protections fiscales bénéficiant à Donald Trump et à sa famille, et d’avoir soutenu des tentatives de poursuites contre des élus démocrates ayant critiqué le président. Deux autres républicains, John Cornyn et Thom Tillis, avaient également temporairement bloqué sa nomination, notamment en raison d’un accord conclu autour d’une plainte de Trump contre l’administration fiscale américaine, qui prévoyait un fonds de 1,8 milliard de dollars destiné à ceux que Donald Trump considère comme lésés par le système fiscal.

Pour le Washington Post, cette proximité avec le président constitue précisément le cœur du dilemme posé par sa nomination. Juste avant sa nomination, le journal écrivait que le président américain semblait avoir trouvé en Blanche « l’attorney general qu’il a toujours voulu » : un responsable partageant sa vision d’un ministère de la Justice « rattaché à la Maison-Blanche » et capable de transformer rapidement les demandes présidentielles en décisions. Même constat, sans appel, pour le magazine américain progressiste The New Yorker, pour qui ce feu vert du Sénat permet « à Blanche d’obtenir le poste qu’il convoitait, et au président d’installer le ministre de la Justice qu’il recherchait depuis longtemps : un homme dont le bilan témoigne de sa capacité à exécuter ses volontés ».

Pour les soutiens du nouveau ministre, sa proximité avec Donald Trump est précisément ce qui pourrait lui permettre de lui tenir tête en privé. L’ancien ministre de la Justice de Trump, William Barr, avait ainsi défendu sa candidature, estimant que son ancien avocat pourrait avoir avec le président des « conversations difficiles » et lui dire des « vérités difficiles ». Une question se pose désormais, selon le Washington Post, et la réponse ne devrait pas tarder à tomber : « Qui Blanche sert-il — Trump ou le peuple américain ? »



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Author : Enola Richet

Publish date : 2026-08-09 15:15:00

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