Je me souviens de cette nuit de juin 2016 avec précision. J'étais à Londres — ville où j'ai vécu et travaillé pendant de longues années. Européenne de naissance et de conviction, politologue spécialiste des populismes, j'étais aussi, ce soir-là, une citoyenne britannique engagée dans la campagne pour le Remain. Et j’avais peur des résultats : la campagne du Remain n’avait pas été à la hauteur.D’ailleurs dès le début, j’avais été déconcertée de découvrir à quel point même les défenseurs les plus ardents de l’UE connaissaient mal l'institution qu'ils défendaient. On aimait l'Europe comme on aime un principe — la paix,
















