Il n’a pas oublié les visages fermés des adolescents, kalachnikov au poing, pantalon et chemise noirs, krama (le foulard traditionnel à damier) autour du cou ou de la tête, qui pénètrent dans Phnom Penh. En ce 17 avril 1975, Rithy Panh allait avoir 13 ans, lorsque les Khmers rouges s’emparent de la capitale. "Les rues étaient vides et silencieuses. C’était un Nouvel an khmer particulier : d’habitude les familles se retrouvent pour préparer des plats, les jeunes jouent à des jeux traditionnels, chantent, dansent…", se souvient le cinéaste, qui n’a ensuite cessé d’ausculter cette période dans ses films.Dès le premier




























