Les huit premières lettres, Boualem Sansal les a écrites au stylo-plume. Toute la nuit du 16 janvier, l’écrivain franco-algérien a travaillé, attablé dans le petit appartement que lui prête son éditeur, Antoine Gallimard, rue de l’Université à Paris, dont les hautes fenêtres donnent sur le jardin alors endormi. Lorsque le jour levé, Karina Hocine, son éditrice elle aussi, est passée, comme elle le fait souvent, lui rendre visite, ils ont ensemble relu les premières missives, pointé les taches d’encre capricieuses. L’écrivain a souri, convenant qu’il lui faudrait bel et bien les recopier ; sa main s’étant engourdie durant sa détention,













