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Ce que l’on sait des attaques au Mali menées par des « groupes terroristes » à Bamako et d’autres villes

Ce que l’on sait des attaques au Mali menées par des « groupes terroristes » à Bamako et d’autres villes

Une offensive coordonnée de plusieurs groupes armés a eu lieu samedi matin dans plusieurs villes du Mali. Le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui représente la branche armée de la rébellion touareg, aurait joint ses forces avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), lié à Al-Qaïda. Des images de véhicules appartenant au Jnim pénétrant Kati, en périphérie de Bamako, ont été postées sur les réseaux sociaux.

Cette ville, où se situe la résidence du président Assimi Goïta, est considérée comme le fief de la junte qui dirige le pays depuis 2020. Elle abrite l’une des principales bases militaires maliennes. Selon des témoignages recueillis par Reuters, le domicile du général Sadio Camara, ministre de la Défense, y aurait été attaqué et détruit. Dans la capitale Bamako, les combats se seraient concentrés du côté de la base 101 de Senou, où sont notamment stationnées les forces russes de l’Africa Corps, près de l’aéroport Bamako-Sénou. Les vols ont été suspendus. Des hélicoptères ont survolé le secteur, dont l’un aurait été abattu.

« Test majeur pour le pays »

Le contexte reste confus. A 13h28, l’armée a publié un communiqué indiquant que la situation était sous contrôle et que les assaillants avaient « essuyé de violents revers ». Le FLA avait revendiqué quelques minutes plus tôt la prise de Kidal, ville clé du nord-est considérée comme la capitale des Touaregs, en lutte contre Bamako depuis des décennies. « La ville de Kidal est passée sous contrôle de nos forces armées », a communiqué l’organisation sur Facebook, où ont également été diffusées plusieurs vidéos des combattants du groupe autour de l’un des monuments de la ville. « Nos troupes du FLA contrôlent l’essentiel de Kidal. Le gouverneur de Kidal s’est réfugié avec ses éléments au sein de l’ex-camp de la Minusma », a ajouté à l’AFP, Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA.

Un autre message posté une heure plus tard affirme la prise de Gao, située plus au sud. La ville de Mopti a elle aussi été attaquée ce matin, de même que Sévaré, dans le centre du pays, où un camp qui abrite soldats maliens et mercenaires russes, et l’aéroport ont été pris pour cibles. « Cela ressemble à la plus grande attaque coordonnée depuis des années », a déclaré à Reuters Ulf Laessing, responsable du programme Sahel à la Fondation Konrad Adenauer en Allemagne. Analyste en chef pour le Moyen-Orient et l’Afrique au sein du cabinet de conseil en risques stratégiques Sibylline, Benedict Manzin parle, lui, de « test majeur pour le pays » et estime que si l’assaut contre Bamako pourrait être repoussé, des pertes dans le Nord, notamment à Kidal, constituent « une possibilité réaliste ».

En juillet 2025, le régime militaire a accordé à Assimi Goïta un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable « autant de fois que nécessaire », et ce sans élection. Assimi Goïta avait exigé le renvoi des forces françaises stationnées dans le pays à la suite d’une première offensive entre différents groupes armés, islamistes et touaregs, en 2012. La junte a depuis fait appel au groupe Wagner, aujourd’hui renommé Africa Corps, placé sous le contrôle direct du ministère de la défense russe.



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Publish date : 2026-04-25 14:00:00

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