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Gaz : les réserves européennes au plus bas, l’hiver s’annonce à haut risque

L’Europe n’avait pas abordé un hiver avec des réserves de gaz aussi basses depuis 2009. Alors que l’été devrait permettre de reconstituer les stocks européens, ceux-ci sont actuellement remplis à environ 57 % seulement de leurs capacités, contre 74 % en moyenne à cette époque ces cinq dernières années. L’Union européenne impose normalement un remplissage à 90 % avant l’hiver, mais a abaissé cette cible à 80 % après le début de la guerre en Iran. Dans ces conditions déjà mauvaises, une prolongation de la guerre avec l’Iran fait craindre aux nations européennes une nouvelle flambée des prix dans les mois à venir, voire des pénuries en cas de basses températures.

Inquiétudes pour l’Allemagne

L’Allemagne concentre une grande partie des inquiétudes. Premier consommateur de gaz de l’UE, le pays n’a rempli ses réserves qu’à 47 % de ses capacités en août, selon le média américain Politico. Des niveaux « historiquement bas », selon Sebastian Heinermann, directeur de l’association allemande des stockages de gaz INES, qui s’exprime auprès du journal. Or, ses installations représentent plus de 20 % des capacités de stockage européennes, ce qui signifie qu’un manque de gaz outre-Rhin pourrait faire grimper les prix dans toute l’Europe. Car Berlin est en théorie tenu de fournir une aide gazière d’urgence, notamment à l’Autriche, la Suisse, l’Italie et le Danemark, en cas de pénurie.

Pour l’heure, Berlin refuse d’intervenir directement auprès de ses entreprises énergétiques publiques SEFE et Uniper pour les contraindre à acheter du gaz, malgré les appels croissants en ce sens. Le ministère allemand de l’Énergie estime que le remplissage des réserves relève des entreprises et des traders, et qu’une intervention publique aurait pour effet de faire monter les prix. Une stratégie dénoncée par certains comme un pari, puisqu’elle fait peser un risque important sur le pays et sur l’Europe en cas d’hiver particulièrement froid. Auprès de Politico, Sebastian Heinermann estime que même un remplissage des réserves allemandes à 76 %, niveau que SEFE juge atteignable, pourrait être insuffisant.

L’Europe compte sur le GNL importé

Selon l’agence de presse économique Bloomberg, l’Union européenne se montre pourtant optimiste quant au fait que les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) pourraient contribuer à compenser le faible niveau des stocks. Selon la Commission européenne, atteindre les 80 % réglementaires avant l’hiver reste ainsi « techniquement réalisable », en grande partie grâce aux importations, malgré le fait que les importations européennes aient diminué depuis avril et qu’environ un cinquième de l’offre mondiale de GNL soit perturbé par la guerre en Iran.

Pour pouvoir compter sur ces importations, l’Europe devra tout de même composer avec la concurrence chinoise. Pékin est directement touché lui aussi par la crise dans le détroit d’Ormuz et pourrait chercher à sécuriser ses cargaisons à tout prix. Auprès des Échos, Thierry Bros, expert en énergie et professeur à Sciences Po, affirme que la Chine, aujourd’hui plus riche qu’en 2022, « fera ce qu’il faut pour éviter que les cargaisons de GNL lui échappent ». Cette concurrence accrue entre les deux marchés pourrait contribuer à faire grimper encore davantage les prix du gaz.

Alors que le prix du gaz se situait autour de 30 euros/MWh avant la guerre en Iran, celui-ci atteint aujourd’hui les 60 euros/MWh. Selon les calculs de Goldman Sachs, cette hausse pourrait atteindre 100 euros/MWh.



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Publish date : 2026-08-09 12:36:00

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