C’est une allocution très rare, qui a largement fait réagir. Ce mardi 28 avril, le roi Charles III a prononcé un discours devant le Congrès américain, dans le cadre d’une visite de quatre jours aux Etats-Unis destinée à célébrer les liens entre Londres et Washington. Entre « offensive de charme » et « avertissements voilés », la presse anglo-saxonne n’a pas manqué de soulever la ligne de crête sur laquelle naviguait le souverain, alors que les relations entre les deux pays sont particulièrement tendues en raison de la réticence britannique à soutenir pleinement la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
Pour le Guardian, le discours du monarque était « une leçon magistrale de sobriété », n’évoquant « ni Israël, ni l’immigration, ni le climat, ni bien d’autres sujets brûlants de l’ère Trump », mais combinant « humour, références historiques et clins d’œil culturels » pour séduire un auditoire politiquement fracturé. Le journal souligne toutefois une stratégie plus calculée, une « offensive de charme » soigneusement calibrée pour influencer sans provoquer. En témoigne le moment où Charles III a évoqué « la détermination inflexible nécessaire à la défense de l’Ukraine et de son peuple si courageux », et le tonnerre d’applaudissements dans la salle auquel il a donné lieu, « probablement difficile à entendre pour le vice-président Vance », ironise le média britannique.
Une « mission accomplie » et un avertissement subtil
« Au milieu de ses phrases élégantes et fluides, naviguant entre Oscar Wilde, Charles Dickens et la Magna Carta, [Charles III] a fait passer quelques messages appuyés au Congrès américain, enveloppés de charme », appuie le Telegraph, qui estime que seul un roi, peut-être, pouvait délivrer ce type de discours. Alors que Donald Trump envisage de retirer ses troupes de l’Otan, le successeur de la reine Elisabeth II a affirmé que l’Alliance atlantique était « plus importante que jamais », tout en insistant sur « le partenariat indispensable » que représentaient les liens entre leurs deux pays. Une « mission accomplie » pour le média, qui rappelle que la Maison-Blanche, de manière enthousiaste, a publié sur ses réseaux sociaux une photo du roi et du président américain accompagnée de la légende : « Two Kings ».
CNN, de son côté, constate que « Charles n’a ni réprimandé ni critiqué l’administration Trump. Mais le monarque a implicitement désapprouvé la direction politique actuelle des États-Unis et défendu les piliers de la démocratie occidentale », comme les contre-pouvoirs internes, les alliances historiques et la tolérance interconfessionnelle. Pour le média, les angles plus critiques ont été atténués par « la pompe soigneusement orchestrée » d’une visite d’État, qui fait suite à une visite de Trump au Royaume-Uni l’an dernier. Paraphrasant le président Theodore Roosevelt, « le roi parlait doucement tout en portant un grand sceptre ». D’ailleurs, le locataire de la Maison-Blanche « n’a montré aucun signe d’offense face aux propos de Charles », relève CNN.
Silence sur l’affaire Epstein
Plus tôt mardi, le couple royal avait été accueilli à la Maison-Blanche par une salve de 21 coups de canon, une fanfare militaire de 200 musiciens et « un défilé de 500 membres des forces armées américaines sur la pelouse de la Maison-Blanche, sous une pluie fine, que Trump a qualifiée, sur le ton de la plaisanterie, de ‘temps très britannique' », raconte The Wall Street Journal.
Au-delà des questions de politique internationale, l’une des principales interrogations entourant la visite du roi Charles était de savoir s’il ferait référence à Jeffrey Epstein dans son discours ou s’il évoquerait les victimes du défunt criminel sexuel. Mais « il ne l’a pas fait », pointe la BBC, la seule allusion possible ayant été une référence indirecte à la nécessité de « soutenir les victimes de certains maux qui, tragiquement, existent dans nos deux sociétés aujourd’hui ». « Pour ceux qui avaient demandé que le roi rencontre les survivants d’Epstein pendant son séjour aux États-Unis, ce commentaire pourrait être considéré – pour reprendre une expression américaine – comme insuffisant », analyse la radio britannique.
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Publish date : 2026-04-29 10:45:00
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