Pour l’observateur un tant soit peu attentif, le désintérêt américain pour le Vieux Continent et ses vieilles valeurs couvait depuis quelques années. Déjà sous la présidence de Barack Obama, les signaux faibles ne manquaient pas. Absence aux cérémonies célébrant les vingt ans de la chute du mur de Berlin, réorientation militaire et stratégique vers le Pacifique, et surtout, tentative – avortée par l’invasion de la Crimée – de normalisation des relations américano-russes. Pour Obama, comme pour Richard Nixon auparavant, l’Europe était tout au plus un partenaire, potentiellement un concurrent, mais plus un allié. Sur le plan international, cette "doctrine" n’a
